JOURNAL DE LA PERPLEXITE : VOLUBILIS DU LAURIER

2 May 2024 JOURNAL DE LA PERPLEXITE : VOLUBILIS DU LAURIER
Posted by Author Ami Bouganim

Volubilis est mon site archéologique. Des vestiges de bâtisses, d'arches, de pressoirs et de mosaïques. Les cigognes laissent leurs nids vides situés au sommet des colonnes à la garde de moineaux. On raconte que la ville phénicienne-romaine a été détruite dans un tremblement de terre au XVIIIe siècle. C'est possible, c'est probable. Je n'ai pas davantage le sens des ruines que des musées. C'est trop mortuaire ou clinquant pour moi. Je suis tellement accablé que je ne vois rien. Quand je sors, je ne sais quoi exprimer à qui. L'Histoire ne s'entend pas aux condoléances ; elle ne serait pas même sensible aux repentances. Je ne recouvre ma curiosité que lorsqu'on me dit que Volubilis signifie Belle de Jour. Peut-être une de ces villes où l'on venait prendre son plaisir. Je me garde de proposer cette interprétation. D'une certaine manière, c'est le berceau du Maroc. De l'autre côté de la route, encaissées entre les bosses d'un chameau, les bâtisses en étages de la ville sainte où est enterré Idriss 1er, considéré comme le fondateur de l’empire. Je m'intéresse au nom arabe ou berbère de Volubilis : Walili ou la fleur du laurier rose. C'est déjà plus embaumé. La poésie serait encore la meilleure manière de blanchir l'Histoire. Pourtant, je ne trouve rien à écrire. Les ruines, comme les cimetières, présentent l’inconvénient de m’intimer le recueillement.