The Euro-Mediterranean Institute for Inter-Civilization Dialog (EMID) proposes to promote cultural and religious dialogue between Mediterranean civilisations ; to establish a network of specialists in inter-Mediterranean dialogue ; to encourage Euro-Mediterranean creativity ; to encourage exchange between Mediterranean societies ; to work to achieve Mediterranean conviviality ; to advise charitable organisations working around the Mediterranean and provide the support necessary to achieve their original projects.
CHRONIQUE DE MOGADOR : MONSIEUR SANS-NOM

On lui avait consacré tant de livres et de documentaires plus sensationnels les uns que les autres que personne au monde ne doutait du génie du personnage ou ne moquait ses mœurs. On avait interrogé tous ceux qui l’avaient côtoyé de son vivant et même après sa mort, reconstituant par le détail ses péripéties de globe-prêcheur, qu’on ne trouvait plus qu’à se plagier mutuellement, se contredire et surenchérir sur son génie qui ne rivalisait rien moins qu’avec ceux d’Einstein, Freud et Kafka réunis – un Léonard de Vinci du XXe siècle que s’offrait l’exsangue communauté juive de France pour redorer son blason intellectuel durement entamé par les conversions des plus fins esprits et les crimes des plus cruels criminels. On l’avait connu sous tant de noms qu’on ne cherchait plus à statuer sur son identité, ne le désignant plus que sous le glorieux titre de Monsieur Sans-Nom. On relevait les traces de son passage un peu partout dans le monde, en Europe, en Amérique, en Orient, au Tibet… et bien sûr à Mogador.
Sans-Nom passait pour parler trente langues au moins dont l’arabe littéraire, l’arabe dialectal et un nombre indéterminé de patois juifs dont le yiddish et le ladino. Il maîtrisait toutes les sciences, des mathématiques à l’astrophysique en passant par la biologie. Il connaissait par cœur les textes sacrés de toutes les religions, des védas à la Bible en passant par le Coran, le Talmud, le Hadith. Il discourait sur toutes les sagesses du monde, du zoroastrisme au bouddhisme. Il présentait tous les dons analytiques, divinatoires, prophétiques. On s’accordait d’autant plus sur ses qualités surhumaines qu’elles étaient attestées par les plus grandes sommités philosophiques de la Sorbonne, scientifiques du Technion, littéraires de Columbia. Les biographes n’étaient pas en manque de découvertes pour se démarquer les uns des autres, les cinéastes d’effets spéciaux pour restituer le caractère rare et unique du personnage. Au taux de production des biographies et des documentaires qui ne cesse d’augmenter, je ne serais pas étonné que l’on découvre qu’il maîtrisait dix instruments de musique, formant à lui seul un orchestre, avec toutes les partitions des grands compositeurs dans la tête et au bout des doigts. C’était le phénomène le plus prodigieux des études juives du XXe siècle sinon du deuxième millénaire.
Or malgré la boulimie des recherches, des enquêtes, des études, les biographes, dramatiquement plus sérieux les uns que les autres, ne s’entendaient pas plus sur son lieu et sa date de naissance que sur son nom. En Lituanie ? en Pologne ? en Palestine ? au Maroc ? Nul ne s’avisait d’établir la bibliothèque de ses lectures ou de préciser les sources de son érudition, encore moins de lui assigner un maître. C’était à croire qu’il était né de la liaison de Dieu avec la bibliothèque universelle et que de Jésus à Sans-Nom, il n’était pas né homme plus divin. Le plus troublant était que personne parmi ses disciples fous, ses partisans, ses admirateurs n’était capable de citer une seule phrase de lui, même quand ils avaient passé des années à recevoir son enseignement et à étudier sous sa direction. On ne demandait pas grand-chose, une maxime, une sentence, une bribe. Ils restaient sur un silence mystique particulièrement accablant.
On crut d’abord qu’il n’avait pas laissé d’écrits et on en profita pour étoffer la légende du personnage. Il recevait son enseignement de la bouche de Dieu et ne la communiquait aux humains que de bouche à bouche, dans la meilleure des traditions orales du judaïsme. Puis l’on découvrit que non seulement il n’avait cessé d’écrire mais qu’il avait pris soin d’éparpiller ses écrits entre les plus fervents de ses zélateurs. Malheureusement, ils étaient encodés sinon illisibles, les signes kabbalistiques se mêlant aux signes mathématiques, les lettres hébraïques aux lettres latines, rédigés d’une écriture si serrée que nul n’arrivait à la délier et l’on dut mettre au point un logiciel pour percer leur révélation divine. Malgré cela, on ne réussissait toujours pas à proposer une seule phrase un tant soit peu sensée et cohérente, on s’en remit stoïquement aux promesses de l’intelligence artificielle qui serait encore la seule à venir à bout de ses hiéroglyphes. On saurait alors si c’était un être divin ou un être satanique, un humain ou un extraterrestre, le génie des génies d’une nation de génies.
Tout cela, somme toute banal, se rencontrant depuis des siècles dans toutes les concentrations de talmudistes-kabbalistes, de Meknès la Lourde à Jérusalem la Sourde, n’aurait pas sollicité mon intérêt si les biographes, les cinéastes et ses prestigieux disciples ne soulignaient, sans s’en cacher, l’étrangeté de Sans-Nom. C’était de tous les avis l’un des personnages les plus grincheux, glauques et nauséabonds sur la place de Paris de l’après-guerre, alors qu’il animait des cercles d’étude d’où devaient sortir toutes sortes de célébrités dans les sciences, les arts et les lettres. On ne savait où il habitait, une chambre de bonne selon certains, un débarras selon d’autres, où s’accumulait le bric-à-brac d’une vie et d’un esprit débraillés. Il apparaissait et disparaissait sans avertir, en incarnation du prophète Elie, portait des vêtements si discordants et négligés qu’il passait pour un clochard, traînait des savates éculées. Souvent, il était nu sous sa veste ; souvent, il portait des chaussettes dépareillées ; souvent, une barbe hirsute ravageait son faciès de boxeur ; souvent, il brusquait ses interlocuteurs qu’il se gardait de saluer. L’étendue de ses connaissances, la virtuosité de ses commentaires, les prouesses de sa prodigieuse mémoire excusaient ses lubies, sans cesse nouvelles, ses manquements, toujours imprévisibles, ses comportements, pour le moins déconcertants. Ce qui semble sûr c’est que son visage aux traits obtus, suturés de contrariété, le crâne nu, dénotait cette impatience de lettré excédé par les lettres et encore plus par la crédulité de ses disciples.
Dans cette compagnie d’auditeurs se doublant de spectateurs, qui ne cessait de grossir de biographie en biographie, plus enthousiastes les uns que les autres, j’étais encore le seul à détenir la clé du personnage. Or je ne pouvais la divulguer sans me ridiculiser et jeter l’opprobre sur ma chère Mogador. Personne du reste n’aurait consenti à m’écouter. Je n’avais ni l’envergure d’un Emmanuel Lévinas, qui n’avait cessé de lui faire la réclame, ni celle d’un Elie Wiesel, qui ne l’évoquait pas sans étoffer son génie d’une nouvelle légende. On me contestait tout droit de regard sur le personnage, redoutant les dégâts que ma propension à l’affabulation pouvait lui causer, l’atteinte à son ubiquité puisqu’il passait pour se trouver à plusieurs endroits à la fois au même moment. On savait ma manie iconoclaste et redoutait que je ne ruine une légende vitale qui inspirait tant de biographes, qui ne disaient rien de lui, et de cinéastes, qui parlaient d’eux davantage que de lui, de chercheurs qui persistaient dans un mutisme quasi technique. J’en étais réduit à me conduire comme lui, en Bouderbala patenté, atteint de ses tares sans présenter aucun de ses mérites. Je sais les anathèmes que cette chronique va m’attirer, les quolibets, les attaques. Mais cela, autant le reconnaître, ne serait pas sans étayer mes allégations sur le personnage et sur la communauté des lettrés enclins à déceler du génie dans la démence et, pire, dans le delirium tremens mysticum qui sévit de nos jours encore parmi ses héritiers.
*
Sans-Nom avait bel et bien accompli un saut à Marrakech au début des années 40 pour se procurer de faux-papiers qui lui permettraient de passer sans encombre la période sombre qui s’annonçait. Or pendant son séjour à Marrakech, il fit un saut à Mogador où il succomba à son terrible syndrome. Le malheureux n’était pas averti des nuisances de son vent ni immunisé contre ses démons. Surtout il ne se doutait pas du manège de la Qandisha à laquelle aucun étranger ne résistait, quelle que soit la dureté de son cœur, et Sans-Nom n’était pas dénué de cœur malgré le silence des biographes sur la présence de ce dérisoire organe chez lui, et sa légendaire insensibilité sentimentale, et nul n’est dénué de toute sensualité malgré la pudeur dont les biographes entourent ce vulgaire côté de Sans-Nom. Il avait également des entrailles et elles étaient particulièrement véhémentes sinon rouillées.
Sitôt à Mogador, Sans-Nom s’éprit de ses araucarias, de ses canons, de ses chaluts. Des murailles, des parcs, ses marchés. Ses zaouias, ses mosquées, ses églises. Ses gentils cimetières marins, chrétiens et juifs, ses paisibles cimetières musulmans au seuil de la porte de Marrakech. Surtout, il était séduit par la diversité des synagogues, leurs litanies et l’orchestration des services religieux particulière à chacune. Il n’avait plus à courir le monde, il avait trouvé son asile sur terre. Il mangeait à la cantine de l’école rabbinique dont les maîtres découvrirent vite les prodiges de sa mémoire talmudique. On lui donnait le nom du traité, la page, et il débitait d’un seul trait le morceau avec les commentaires qui l’encadraient. Sitôt que sa renommée se répandit dans la ville, on lui réserva l’hospitalité digne des grands collecteurs de charité, si ce n’est qu’il n’en demandait pas puisqu’il n’en avait pas besoin. On le voyait volontiers se risquer dans les couloirs du vent pour mieux s’exercer à le braver, s’ébrouer dans les petites mers pour apprendre à nager, s’insérer dans la chaîne des débardeurs pour mieux témoigner sa solidarité aux pêcheurs des nuits destinales, décortiquer une question de rite dans les entrepôts d’amandes, de thé et de gingembre où l’on passait plus de temps à palabrer qu’à commercer.
Tout se passait pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles quand les rabbins s’avisèrent de mettre leur grain de sel dans cette idylle entre un présumé talmudiste qui passait pour arracher les montagnes et fracasser les esprits et la cité miraculeuse qui avait accueilli par le passé Charles de Foucauld et Ralph Otto : ils le convoquèrent pour le soumettre à un test de judéité. Il comparut sans rien craindre et sans trembler pour rien. Sans être aussi disparate ni aussi vaniteux qu’il allait le devenir après son accident cardio-amoureux, il n’en connaissait pas moins ses qualités. Ce n'était pas le collège rabbinique d’une lointaine province marocaine qui allait rivaliser avec lui pour la maîtrise du Talmud, des commentateurs, des décisionnaires, des questionneurs, des répondeurs, des kabbalistes, des inclus, des exclus, des hérétiques, des mécréants, des épicuriens… de tous les Autres.
Trois jours plus tard, les rabbins se rendirent au hamam de la Rue écornée, au bain rituel de la rue de la Pissotière, et ils allèrent se recueillir sur le tombeau du Saint de la ville, Rabbi Haïm Pinto Zal, tandis que Sans-Nom se risquait pour la première fois au large de l’Océan. On attendait sa nomination comme greffier du tribunal à la place du greffier qui venait de démissionner pour la dixième fois, comme co-maître dans la classe supérieure de l’école rabbinique où végétaient les élèves qui avaient terminé leur scolarité dans l’attente d’une place vacante dans une Académie rabbinique de Meknès, Rissani ou Manchester, comme enseignant du français, du russe ou du yiddish à l’école de l’Alliance Israélite Universelle, comme inspecteur général de la cashrout, chargé de l’abattage rituel et de la sélection crustacière, comme crieur public près du tribunal rabbinique chargé d’égrener les remontrances rituelles contre le relâchement des mœurs, annoncer la collecte de fonds pour l’on ne savait quelle ville en Palestine, communiquer la date d’une veillée extraordinaire d’étude et de prière pour écarter le spectre d’une nouvelle fin du monde. Quand l’on connaissait par cœur le Talmud, le tableau de Mendeleïev, la table des algorithmes, la physique quantique, il n’était rien pour entraver sa nomination. Pourtant de premières rumeurs commencèrent à circuler qui contestaient son génie :
« Les rabbins n’ont pu se faire une idée claire de sa science. Plus ils l’interrogeaient et plus il se dispersait pour les ébaubir. Plus ils le pressaient et plus il se mettait hors de lui. Plus il se contredisait et plus il s’en vantait. »
« Ce n’est pas un homme, c’est un monstre. »
« Il n’est pas soi, il est autre. »
C’était peut-être ce qu’on pouvait dire de pire d’une personne. L’autre absolu, l’autre radical, l’autre autre, ce n’était rien moins dans la littérature talmudique que l’impie par excellence. Puis les langues se délièrent. Il ne portait ni calot ni béret. Il ne sillonnait pas tant les synagogues pour prier que pour corriger les lecteurs, les chantres, les prédicateurs et rabrouer les bedeaux. Au bout d’un mois de soupçons, d’insinuations, de controverses, la vérité tomba enfin : il n’était pas marié et tant qu’il ne serait pas en mesure de s’acquitter du commandement qui intime de se donner une progéniture, il ne pouvait remplir aucune des fonctions auxquelles la sainte communauté d’Essaouira le destinait. Or il n’était pas particulièrement séduisant, galant, souriant – un Quasimodo lituanien ! – et son français était chargé de tant d’accents qu’on ne comprenait pas toujours ce qu’il disait. Cette rumeur avait le mérite de réhabiliter les rabbins qu’on soupçonnait d’être jaloux de lui et de mettre les choses au clair dans une ville où les célibataires se rangeaient d’eux-mêmes parmi les aliénés. Sans-Nom n’était pas du genre à se laisser intimider par ce qu’il considérait comme une vulgaire formalité matrimoniale et il entra dans la chronique de Mogador comme le premier à répandre des cartes où il se proposait comme époux de celle qui soutiendrait avec lui une polémique talmudique. Il était précisément en tournée matrimoniale quand la Terrible l’aborda :
« Je suis marieuse, dit-elle, je connais celle qui vous est destinée. »
La voix aguichante, le regard vert racoleur, les mains hennélisées de pétales, les cheveux noirs tressés de coquillages à la manière de Haha, embaumant le jasmin. Elle portait le haïk blanc musulman traditionnel et il trouva qu’il lui donnait une voilure impériale. Il connaissait la bonne entente entre les communautés et n’était pas intrigué de voir une musulmane s’entremettre pour remplir un rôle que le Talmud réserve à la divinité. Elle tenait une victime de choix qui l’introduirait dans la collection la plus prestigieuse des légendes du peuple le plus légendaire au monde, elle réclama et promit la plus grande discrétion pour mener à terme ses délicates prospections. Elle ne doutait pas de son succès, il n’était pas homme qui lui résistât, si redoutable que même les sirènes se tenaient au large pour se préserver de ses maléfices. L’étranger avait beau connaître le Coran et le hadith par cœur, ce n’était pas ce qui entamerait ses charmes. Elle n’avait rien d’une intellectuelle et c’était ce qui garantissait ses succès dans cette ville saturée d’ondes sensuelles, harcelée par l’Océan de tous côtés, attendant avec impatience le retour des hirondelles pour renouveler les liaisons sous leurs bons augures.
Il ne prit pas longtemps au malheureux pour succomber aux charmes de sa prétendue marieuse. Il en oublia son Talmud, ses traités de philosophie, ses codes de loi et cessa d’argumenter en retournant le pouce de la main droite vers le ciel pour mieux débusquer Dieu de sa question. Il ne se souvenait plus que de son Cantique des Cantiques, auquel il restituait les mélodieuses harmoniques érotiques contre leur rature sublimatoire par les kabbalistes qui s’échinaient à plaquer un sens symbolique sur le délicieux texte. Seul le désir de la Shoulamit rachetait de l’absurde de l’Ecclésiaste si ce n’était que la marieuse n’était pas la Shoulamit mais la Qandisha, maîtresse des démons, qui n’eut aucun mal à l’entraîner à sa couche. Quand le lendemain, après une nuit qui resta gravée dans son âme comme sa seule pamoison mystique, Sans-Nom découvrit qu’elle avait des pieds de chamelle, signe de reconnaissance de la Qandisha, il se sentit perdu pour l’éternité. Il ne serait ni un grand maître ni un grand intellectuel, ni un grand artiste ni un grand écrivain, ni un grand chercheur ni un grand kabbaliste. Il serait Bouderbala, comme toutes les victimes de la Qandisha, et il se mit à donner de premiers signes de déliquescence. Il sillonna longuement la ville pour la retrouver. En vain. Nul ne la connaissait nul ne voulait entendre parler d’elle. On l’évitait de plus en plus, redoutant d’être contaminé par lui ; on ne l’invitait plus ; on n’était plus curieux de ses numéros mnémoniques. Il s’accoutrait en Bouderbala, errait en Bouderbala, dégageait des relents en Bouderbala, marmonnait en Bouderbala, vitupérait en Bouderbala, et l’on ne distinguait pas entre ses vaticinations et ses prophéties. En définitive, ce fut en Bouderbala qu’il rentra en France, résida en Suisse pendant la guerre, anima ses cuisants cercles d’études talmudiques à Paris, gagna l’Uruguay pour échapper à la bombe atomique que l’URSS destinait à l’Europe occidentale. Or nul dans ces pays ne savait qui était Bouderbala et ne se doutait par conséquent de la métamorphose, du traumatisme et de la dissociation qu’il avait subis sous les charmes de la Qandisha.
Aucun de ses biographes hagiographes ne se risque d’ailleurs à parler de sa vie sexuelle. On sait quels étaient ses mœurs vestimentaires, ses goûts culinaires, ses rites excrémentiels, on ne sait rien de ses pratiques sexuels. Nul ne pouvait imaginer que la sommité talmudiste la plus magistrale au monde présentait les tares, les misères et les calamités des victimes de la Qandisha. Face à ses étrangetés, on redoublait d’éloges pour célébrer son génie, le situant au-dessus du commun des mortels. Il était plus perspicace que le Maître de Vilnius, le Maharal de Prague, Rachi de Troyes. On s’abstenait de se prononcer sur les ressorts de sa personnalité, comme réduit au silence par… la Qandisha. Je ne me suis résolu pour ma part à délivrer la clé du personnage que parce que victime moi-même de la Qandisha, vivant en Bouderbala, je ne crains pas le virulent anathème que les plus coriaces de ses hagiographes ne vont pas manquer de prononcer contre moi pour m’exclure de la sainte communauté des Sans-Nom. Mais je tiens ma revanche contre eux : mes détracteurs ne se doutent pas qu’un Bouderbala de notre commune engeance est contagieux, communiquant nos démons à ceux que nous intriguons, y compris d’ailleurs les imprudents lecteurs de cette chronique qui risquent de se bouderbaliser – partiellement ! – à sa seule lecture…

