The Euro-Mediterranean Institute for Inter-Civilization Dialog (EMID) proposes to promote cultural and religious dialogue between Mediterranean civilisations ; to establish a network of specialists in inter-Mediterranean dialogue ; to encourage Euro-Mediterranean creativity ; to encourage exchange between Mediterranean societies ; to work to achieve Mediterranean conviviality ; to advise charitable organisations working around the Mediterranean and provide the support necessary to achieve their original projects.
VARIATIONS JUDAIQUES : UN HOMME SURFAIT

Le Juif n’incline pas à caractériser ses commentaires de mythologiques, il parle plutôt d’enseignements, même si l’on retient davantage de scénarios cosmogoniques et de belles métaphores que des enseignements. Il abonde en écrits qui lui serviraient de tentes, où il loge Dieu, et/ou de linceuls, qu’il passe sa vie à tisser en perspective de sa mort. L’écrit remplace les augures, l’oral les instructions des prêtres païens. Ce serait là la grande révolution de Moïse et de ses scribes, toute la distinction du monothéisme. Le Juif, dans la mesure où il se blanchit de toute ségrégation, serait lecteur assidu et invétéré de la Bible et de ses commentaires. Or dans toute civilisation livresque, l’invocation des textes élude davantage qu’elle n’élucide, ne réussissant pas toujours à retenir dans le giron du judaïsme des esprits attirés par les percées des sciences et pris dans les engrenages de la technologie. On ne reste peut-être Juif que par loyauté tribale sinon par obscurantisme/ textisme et ce n’est pas par hasard que les prédicateurs rabbinico-philosophiques les plus éloquents, tels Buber, Heschel, Lévinas, paraissent surfaits. On ne les trouve pas pertinents autant que talentueux.
Les Juifs seraient internés dans les livres dont ils exaltent l’étude génalogico-prophétique. On ne peut se vouloir juif sans se résoudre, dans une mesure ou l'autre, au mysticisme livresque que déploie, plus sûrement qu'autre chose, la riche bibliothèque kabbalistique. Or celle-ci ne cesse de violer l'interdiction de décliner Dieu dans des mythes qui heurtent toute veine rationnelle. Sous cet angle, le Juif serait une créature mythologique, davantage que le musulman dont le mysticisme n’a de cesse de se dépouiller des mythes coraniques. Sitôt qu'ils en prennent conscience, les Juifs les plus dignes exaltent leur claustrophobie ; les plus indignes désertent leurs livres.

