The Euro-Mediterranean Institute for Inter-Civilization Dialog (EMID) proposes to promote cultural and religious dialogue between Mediterranean civilisations ; to establish a network of specialists in inter-Mediterranean dialogue ; to encourage Euro-Mediterranean creativity ; to encourage exchange between Mediterranean societies ; to work to achieve Mediterranean conviviality ; to advise charitable organisations working around the Mediterranean and provide the support necessary to achieve their original projects.
SUR LES TRACES DE DIEU : LE CORRELAT DE L’HOMME

Dieu n’est peut-être qu’une fiction vitale, on n’en persiste pas moins à s’accrocher à lui pour ne pas succomber au non-sens et continuer de se donner contenance en ce monde. Il désigne le grain de génie de l’homme et son grain de folie. Il est une bénédiction et une malédiction. L’incantation commandant toutes les autres, le mot de passe par excellence. Pour accéder au sens en ce monde, l’habiter, le traverser, l’endurer. Pour se consoler et se remettre. Pour se disputer et se réconcilier. Pour je ne sais quoi. C’est le sésame du miracle qui ne cesse de se produire par un concours heureux de circonstances. C’est également la clé rouillée par la mort livrant accès à l’autre monde. C’est tout et rien, le cosmos et personne.
L’homme est condamné à être hanté sinon possédé par Dieu, quoi qu’on entende par ce terme, rien ne récusant totalement son existence dans le cœur, l’âme, l’au-delà. Ni les massacres perpétrés en son nom ni les drames personnels ; ni les calamités humaines ni les catastrophes naturelles ; ni les découvertes des sciences ni les accidents intersidéraux. Dieu reste un corrélat de l’homme et il persistera tant que l’homme survivra sur cette planète ou une autre. Les désaveux et les démentis ne servent à rien. C’est en chaque personne qu’il meurt, ressuscite et se met à battre ; c’est en ce sens qu’il est personnel. Certains s’en secouent par désespoir, par bravache ou bravoure ; certains s’en réclament pour les mêmes raisons.
Peut-être réalisera-t-on dans un siècle ou un millénaire que Dieu a été la tumeur la plus pernicieuse de l’humanité ; peut-être qu’il a été son élixir de survie. Soit on lui trouvera un substitut, soit on changera d’humanité. Dieu ne persistera pour l'éternité que parce qu'il recouvre à la fois l'illusion absolue et la désillusion absolue. C’est un vocable où retentit le heurt entre le ciel et la terre, l'immortalité et la mortalité, la crainte et l'espoir, l'amour et la haine. Il insinue : il existe une intelligence derrière tout cela, la preuve c’est qu’on ne cesse de la poursuivre. La science cherche Dieu dans les mathématiques, la religion dans la poésie. Ce qui semble sûr c’est qu’il meut les masses et les ballotte dans tous les cultes.

