NOTE DE LECTURE : GUSTAV MEYRINK, LA NUIT DE WALPURGIS (2004)

7 Dec 2025 NOTE DE LECTURE : GUSTAV MEYRINK, LA NUIT DE WALPURGIS (2004)
Posted by Author Ami Bouganim

Ce sont des contes pour adultes, avec des sorciers, des monstres, des revenants et des dénouements à la dernière page. Meyrink n'a de cesse de donner l'allure de gribouillis à sa narration pour mieux perdre le lecteur dans le labyrinthe de l'univers étrange où il se situe, réminiscence de célébrations païennes. Il montre le talent de faire de la littérature un paravent de l'étrange. On ne trouve pas grand plaisir à suivre les péripéties de ses hallucinations, ne se soucie pas d'en chercher le fil conducteur. La réalité est assez étrange pour se passer de récits encore plus étranges.

L’étrange passerait d'une génération à l'autre avec une conviction intime encore non moins impérieuse que la conviction religieuse. La vie est une accumulation de sensations au seuil de l'impossible qui rend tout possible. Une sensibilité occultiste, supra ou infra réaliste, serait requise pour postuler des communications vitales extraordinaires – sans pousser pour autant l’étrange à des scénarios eschatologiques, des trames cosmogoniques cosmologiques, des baratins socio-psychiatriques. L'occultisme restituerait comme une religion des coulisses qui ne serait pas sans dominer celles qui occupent le devant de la scène publique, sans s’insinuer dans les plus révélées. Une bouillie indigeste dans un cerveau cauchemardisé de jour et de nuit. Sans cela, Meyrink n'aurait rien écrit, ne présentant que le mérite de prendre Prague pour décor. Seul l'humour, plutôt noir, tournant par-ci par-là au théâtre comique, sort sa narration de l'ennui.