The Euro-Mediterranean Institute for Inter-Civilization Dialog (EMID) proposes to promote cultural and religious dialogue between Mediterranean civilisations ; to establish a network of specialists in inter-Mediterranean dialogue ; to encourage Euro-Mediterranean creativity ; to encourage exchange between Mediterranean societies ; to work to achieve Mediterranean conviviality ; to advise charitable organisations working around the Mediterranean and provide the support necessary to achieve their original projects.
DANS LE SILLAGE DE HEIDEGGER : LE PERILLEUX RECTORAT

Au début des années 30, Martin Heidegger passe pour un homme songeur, le visage impénétrable, le cheveu noir et le teint mat, les yeux baissés, fronçant des sourcils. Il portait volontiers des knickerbockers et revêtait le manteau traditionnel des paysans de la Forêt-Noire, brun sombre, avec un col semi-militaire aux larges revers. Un petit homme plus finnois que rusé. On ne comprendrait pas son engagement nazi si on ne le resitue pas dans le romantisme de la régénération qui régnait partout en Allemagne, du mouvement de jeunesse à l’université. Pour le corps enseignant, le redressement de l’Université allemande était une panacée pour tous les maux et représentait le plus grand défi intellectuel et politique de l’Allemagne. Sûrement pour Heidegger et Jaspers, qui se prenaient pour ses météores, voire ses deux luminaires, en butte aux chicaneries et aux manœuvres de leurs collègues, plus médiocres les uns que les autres.
Le 7 avril 1933, paraissait au Bulletin officiel du Reich la sordide « loi sur la reconstitution de la fonction publique » qui excluait les juifs de la fonction publique. Elle stipule notamment : « Les fonctionnaires qui ne sont pas d’ascendance aryenne doivent être mis à la retraite d’office ; ceux qui ont des fonctions honorifiques doivent être exclus de la fonction publique. » L’ascendance aryenne était définie par la « Première ordonnance pour l’exécution de la loi sur la fonction publique » du 1er avril 1933 : « Est déclaré non-aryen tout individu dont les parents ou grands-parents sont non-aryens, et en particulier juifs. » Le 3 mai, Heidegger adhère au Parti national-socialiste des travailleurs allemands (NSDAP) dont il resta membre jusqu’à sa dissolution en mai 1945. Le lendemain, il écrit à son frère et confident Fritz (1894-1980) une lettre où il affirme « la conviction que c’est en passant par là qu’il sera possible d’apporter au mouvement dans son entier assainissement et clarification ». Hitler assenait des slogans, Heidegger caresserait l’ambition de leur donner des tournures philosophiques, séduit par la perspective d’être le commentateur philosophique d’Hitler et le grand recteur de son régime. Le rectorat de Heidegger au service du régime nazi se présente comme un nouveau chapitre dans la lamentable histoire des tentations des philosophes, tant imbus de leur « science » qu’ils se conçoivent meilleurs que les princes, pour le pouvoir politique.
Le recteur de l’université de Fribourg était alors le chanoine Sauer, professeur d’archéologie et d’histoire de l’art chrétien. Son mandat expirait en avril 1933. Wilhem von Möllendorff, professeur d’anatomopathologie, élu en décembre 1932, devait lui succéder après les vacances de Pâques. Pris à parti par des enseignants, il est attaqué par la presse. Le 20 avril 1933, jour anniversaire d’Hitler, il convoque une séance extraordinaire du Conseil des Recteurs au cours de laquelle il annonce sa démission. Le 23, Heidegger est élu sur sa proposition à l’unanimité des votants, moins deux abstentions. Le journal fribourgeois du parti nazi, Der Allemanne, se réjouit de sa nomination. Le 27 mai 1933, Heidegger prononce son célèbre discours du rectorat – « Die Selbstbehauptung der deutschen Universität » – où il restitue d’un ton catastrophé le sentiment que l’Allemagne est au bord de l’abîme à la veille d’un désastre, « alors que la force spirituelle de l’Occident fait défaut et que l’Occident craque de toutes les jointures – alors que l’apparence de culture, en sa décrépitude, implose et attire toutes les forces dans la confusion, pour les laisser s’asphyxier dans la démence[1]. » Quelques jours plus tard, le représentant des étudiants nationaux-socialistes se présente pour lui demander d’annuler l’interdiction de son prédécesseur de poser des affiches contre les juifs. Il rejette leur demande et ne cède pas aux intimidations des S. A.
En 1933, Hitler décrète le 1er mai « fête nationale du travail allemand ». Il prononce un discours devant les masses rassemblées à Berlin. Partout en Allemagne, des cortèges s’ébranlent sur l’ordre du Führer. À Fribourg, le cortège rassemble toute la ville par corps de métier. Les étudiants aussi sont là et bien sûr leurs enseignants réunis autour de Heidegger. Les étudiants décident de brûler les livres qui représentent une menace pour la Révolution. Le 10 mai 1933, un autodafé se tient à Berlin, Bonn et dans d’autres villes. A Fribourg, il n’a pas lieu, peut-être parce que Heidegger avait réussi à l’interdire, peut-être parce qu’il pleuvait. Quand l’autodafé se tint, à l’autre bout de la ville, c’était en l’absence de tout représentant de l’université. Le 17 mai 1933, Hitler prononce son « discours de la paix » qui a un retentissement international. Il est retransmis en direct dans le stade de l’université de Fribourg en présence des étudiants et des enseignants. Heidegger improvise une allocution où il ne cache pas son enthousiasme pour Hitler. Il mobilise sa notion de résolution – la seule peut-être à présenter des connotations morales – qui, dans Etre et Temps, dit la détermination de l’humain à assumer son destin tel qu’il se présente à lui :
« Le chancelier du Reich, notre grand dirigeant, vient de parler. Aux autres nations et peuples, maintenant, de décider.
Nous autres, nous sommes décidés. Nous sommes résolus à prendre le chemin difficile de notre histoire, celui qui est exigé par l’honneur de la nation et la grandeur du peuple.
Nous sommes décidés, et nous connaissons ce que présuppose cette résolution. Cela implique deux choses : la disponibilité à aller au bout du possible et la camaraderie jusqu’à la dernière extrémité. C’est dans une telle résolution que nous allons maintenant nous remettre au travail. Encore une fois : que tout le travail de ce semestre – grand ou petit – se fasse sous ce signe : disponibilité et camaraderie.
Pour notre grand dirigeant Adolf Hitler un Sieg Heil allemand[2]. »
Le 27 mai 1933, à l’occasion de sa prise fonction, Heidegger prononce son célèbre Discours du Rectorat intitulé, pour reprendre la traduction de Fédier, « L’Université allemande, envers et contre tout elle-même ». Il insiste sur l’enracinement dans l’université allemande, la nécessité d’être soi-même et de se montrer résolu dans sa tâche de gardien du destin du peuple allemand. La solennité du discours participe de cette gravité qu’instaurait en Allemagne la mort nietzschéenne de Dieu et de l’urgence à se préparer à accueillir un nouveau dieu en rompant avec la science moderne et en renouant avec la science grecque – préchrétienne : « Et surtout si notre Dasein le plus propre se trouve même devant un grand changement, si est vrai ce qu’a dit, cherchant passionnément le Dieu, le dernier philosophe allemand, Frédéric Nietzsche, à savoir : « Dieu est mort », s’il nous faut prendre au sérieux cet abandonnement de l’homme d’aujourd’hui au milieu de l’étant, qu’en est-il alors de la science[3] ? » On ne sait ce qu’il dit ni ce qu’il vise, peut-être parce qu’il considère qu’une déconstruction-reconstruction linguistique est une condition sine qua non à la transmutation des valeurs que le régime nazi se propose d’accomplir. Il réclame l’enracinement dans un terroir et son réaménagement poétique : « Et le monde spirituel d’un peuple n’est pas l’étage surajouté d’une culture, pas plus que l’arsenal des connaissances et des valeurs employables. C’est au contraire la puissance de la mise à l’épreuve la plus profonde des forces qui lient un peuple à sa terre et à son sang, comme puissance du plus intime éveil et du plus extrême ébranlement de son Dasein[4]. » Heidegger se livre à une apologie de l’obéissance et exalte la détermination que l’on trouve à assumer une vocation et à s’acquitter de son devoir. Obéir pour s’obéir, n’entendre que soi, aller de l’avant pour entraîner les autres et se poser de la sorte en dirigeants. En fait, Heidegger s’emmêle dans des considérations ambiguës dont on ne sait si elles réclament obéissance ou résistance : « Diriger implique en tout état de cause que ne soit jamais refusé à ceux qui suivent le libre usage de leur force. Or suivre comporte en soi la résistance. Cet antagonisme essentiel entre diriger et suivre, il n’est permis ni de l’atténuer, ni surtout de l’éteindre[5]. » Le discours est si pompeux et précieux qu’on a l’impression que Heidegger se pose en recteur de l’Université allemande et en restaurateur de sa grandeur. On ne le comprend pas hors du contexte national-socialiste dont il emprunte, même de l’avis de Fédier, nombre de notions et de slogans. Il abuse de sa phraséologie, volontiers creuse et redondante, pour réclamer l’intégration curriculaire requise pour faire converger les recherches vers une nouvelle science, de même que la complémentarité, chère au mouvement de jeunesse, entre le service du travail, le service de la défense et le service du savoir.
Le 24 juin 1933, les étudiants se retrouvent sur le stade universitaire pour célébrer le solstice d’été. Il pleut, il vente. Ils réussissent néanmoins à allumer un brasier. Heidegger tient à prononcer une allocution. Il prend un ton de chef de mouvement de jeunesse :
« Solstice d’été 1933 !
Les jours déclinent –
notre courage croît –
les jours déclinent – en direction de l’ombre et de la dureté de l’hiver
notre courage croît – de briser l’obscur et de faire face en hommes à la dureté qui vient.
Feu ! Dis-nous : il ne vous est pas permis de devenir aveugles dans la lutte, il vous faut au contraire rester clairs pour pouvoir agir.
Flamme ! Que ton ardeur nous laisse savoir : la révolution allemande n’est pas endormie, elle brille à nouveau à l’entour et nous illumine le chemin sur lequel il n’y a plus de retour.
Les jours déclinent –
notre courage croît.
Flammes ! Brillez !
Cœurs ! Embrasez-vous ! »
Le 30 juin 1933, Heidegger est à Heidelberg, invité par ses étudiants. Il donne une conférence sur sa vision de l’Université sous le nouveau Reich. Devant lui, assis au premier rang, Jaspers. Heidegger est acclamé par les étudiants et par une partie des enseignants. Plus tard, la conversation entre les deux amis ne décollera pas. Jaspers lui reproche de ne pas avoir mentionné la glorieuse tradition de Heidelberg. Il soulève la question juive, mentionnant les sottises incluses dans les Protocoles des Sages de Sion :
« Il y a pourtant, rétorque Heidegger, une dangereuse alliance internationale des juifs. »
A table, il se déchaîne contre le grand nombre des professeurs de philosophie ; il n’en veut que deux ou trois pour toute l’Allemagne.
Ils discutent de la situation politique :
« Comment un homme aussi vulgaire que Hitler peut-il gouverner l’Allemagne ? » demande Jaspers.
« La culture n’a aucune importance. Voyez ses merveilleuses mains. »
Jaspers révèle à Heidegger que sa femme Gertrude est juive et qu’elle ne cesse de pleurer à la lecture des journaux :
« Cela fait parfois du bien de pleurer », répond Heidegger.
Heidegger se sépare de Jaspers sans prendre congé de Gertrude.
En août 1933, parait une ordonnance sur les universités instaurant le principe d’autorité qui subordonne l’Université au pouvoir et à la raison politiques. Son recteur devient le chef suprême de l’université, choisi par le ministre dans la liste des professeurs titulaires. Le sénat ne remplit plus qu’un rôle de conseil. Il comprend le recteur, le chancelier, représentant du recteur, cinq à six doyens et cinq professeurs, nommés eux aussi par le recteur. C’était l’université autocratique et aristocratique que Heidegger, comme Jaspers d’ailleurs, appelait de ses vœux. Mais il a du mal à imposer son autorité. Il se désole de la cécité et de l’incurie du corps enseignant et lui reproche sa timidité. Il déplore l’absence de critères de succès et d’enthousiasme. Il est horripilé par la médiocrité de ses collègues et de leur activisme par trop démagogique.
En automne 1933, du 4 au 10 octobre, Heidegger accueille à Todtnauberg un premier camp scientifique. Des étudiants des universités de Heidelberg, Fribourg et Tübingen se retrouvent autour de nombre de personnalités de l’université allemande. C’est Heidegger qui choisit les intervenants parmi de nombreux candidats. Les étudiants, sélectionnés également, quittent l’université de Fribourg et se rendent à pied au camp. Ils portent l’uniforme des S.A., des S.S. ou des Casques d’acier. Le programme commençait à 6 h et se terminait à 22h. Heidegger prononce un discours où il récuse la perspective chrétienne sur le monde et s’élève contre son interprétation de l’être. Il ne se contente pas d’écarter la divinité de Jésus ; il remet en question la conception du monde comme création du Dieu. On ne peut accéder à une autre vision et à une autre sensibilité de l’être tant qu’on persiste à attribuer le monde à un créateur. On devrait rompre avec cette sécurité dans un monde créé et suivi par un Dieu tout-puissant et prendre le risque de s’exposer au péril de l’être. Le premier jour, les étudiants et les enseignants se divisent en ateliers de travail qui traitent de « savoir et science », « savoir et croyance », « croyance et Weltanschaung ». Le deuxième jour, au matin, le responsable des étudiants du district, Scheel Stein, débarque dans le camp où il est chaleureusement accueilli par les étudiants de Heidelberg qui n’arrêtaient pas de provoquer des esclandres. Stein insiste pour prononcer un discours sur les considérations raciales du Reich.
Le 14 octobre 1933, Hitler annonce que l’Allemagne, devant le refus des autres puissances de lui accorder l’égalité des droits, est contrainte de quitter la conférence sur le désarmement et la Société des Nations. Le 3 novembre, Heidegger lance un appel catastrophé aux étudiants, dans cette veine de grand recteur où perce l’exaltation du mouvement de jeunesse :
« Que de jour en jour et d’heure en heure s’affermisse la fidélité de la volonté d’obéir. Que sans cesse grandisse en vous le courage de vous sacrifier pour sauver l’essentiel et faire s’élever la force la plus intime de notre peuple en son État.
Que ni des principes doctrinaux ni des « idées » ne soient les règles de votre être.
Le Führer lui-même et lui seul est la réalité allemande d’aujourd’hui et du futur, ainsi que sa loi. Apprenez toujours plus profondément à savoir que désormais chaque chose exige de la décision, et chaque acte de la responsabilité.
Vive Hitler[6] ! »
Le 10 novembre 1933, Heidegger appelle les Allemands à voter pour le Fürher au référendum du 12 novembre. Il prend un ton exalté pour souligner l’importance de ce vote pour l’avenir de l’existence allemande. De nouveau, il recourt à la rhétorique guerrière de « haute lutte », de « volonté tranchante », d’obéissance, de destin et de grandeur, et il appelle à rallier le socialisme national. Le lendemain, le samedi 11 novembre, il participe à Leipzig à un rassemblement solennel où les universitaires invitent à voter oui. Il appelle à la mobilisation au service de l’Etat par le travail. Le 27 novembre 1933, Heidegger rend public son refus d’accepter une chaire à l’université de Berlin. Il enregistre un discours pour justifier sa décision : « Pourquoi restons-nous en province ? » Il célèbre les vertus de la campagne où l’on philosophe mieux, surtout lorsque la tempête de neige se déchaîne et qu’elle aiguise les questions et tamise les réponses. Il se pose volontiers en paysan de la pensée qui coulerait laborieusement ses pensées dans des mots qu’il doit encore polir pour les accueillir. La campagne garantit un meilleur enracinement, « souabe et alémanique », de la pensée et un travail minutieux et patient. Ses questions l’attendent dans la chaleur, l’intimité, la solitude et la sérénité de son chalet situé sur les hauteurs de la Forêt-Noire. La campagne garantit la conservation, la ville réserve la dissipation. Il n’est pas de ces intellectuels qui célèbrent les vertus de l’enracinement et vivent en hérésiarques dans les villes et qui, quand ils résident dans la campagne, ne réussissent qu’à perturber ses décors et ses mœurs. Il pousse son lyrisme paysan jusqu’à conclure son intervention en révélant que son refus d’accepter la proposition lui a été insinuée par un vieux compagnon paysan : « Il tourne lentement le sûr regard de ses yeux clairs jusqu’à croiser le mien. Bouche close, lèvres serrées, il pose sa main d’homme fidèle, à qui l’on peut faire confiance, sur mon épaule et... secoue imperceptiblement la tête[7]. »
Heidegger constate peut-être qu’il a été abusé par le Reich qui ne veut pas davantage d’un renouveau de l’université que de la science, qu’il a été manipulé par la propagande nazie et ne sera pas le grand recteur de la révolution national-socialiste. Il a été trahi par ses collègues et par ses étudiants. La veulerie, la hâblerie, la brutalité ambiantes tranchent sur ses manières de grand dignitaire nazi de la science. Déçu, Heidegger décide de se retirer du vacarme national socialiste, de se consacrer au questionnement philosophique et de « travailler à très longue échéance ». Le 23 avril 1934, il présente sa démission. Elle est aussitôt acceptée par le ministère de l’Enseignement du pays de Bade et il est remplacé par un spécialiste en droit pénal. Le 26 mai 1933, Heidegger prononce une allocution à la mémoire d’Albert Leo Schlageter. Né en 1894 dans le sud de la Forêt-Noire, Schlageter était étudiant à Fribourg. Il passe la Grande Guerre comme officier dans les tranchées. Ne pouvant se résoudre à l’humiliation du Traité de Versailles, il rallie les « corps francs » qui récusent le tracé oriental des frontières et orchestre la résistance passive aux Français qui investissent la Ruhr. En janvier 1923, il passe à l’action et est l’auteur de plusieurs sabotages. Il est arrêté et passé par les armes le 26 mai 1923. Il était devenu le symbole de la résistance allemande contre le diktat de Versailles. Heidegger loue son héroïsme et exalte le tranchant de sa volonté. On a de nouveau l’impression d’écouter le discours d’un chef scout : « Rendons hommage à ce héros, et levons en silence la main pour le saluer. »
Le 13 septembre 1935, « fête de la liberté », la loi sur les citoyens du Reich est adoptée à Nuremberg. Vers la fin de 1935, Husserl, le maître de Heidegger devenait « non-personne » universitaire. Il est délié de ses obligations professionnelles et n’est plus autorisé à enseigner. En 1933, alors qu’il était professeur à Kiel, il avait été révoqué avec les autres enseignants d’origine juive par une circulaire leur interdisant l’accès de l’Université. Elle était signée par le recteur et le recteur n’était autre que son brillant disciple. Pourtant, Husserl était un grand patriote. Ses deux fils s’étaient engagés dans le bataillon des étudiants volontaires de Langemarck. L’un avait eu une mort héroïque sur le champ de bataille, l’autre était rentré du front grièvement blessé et bardé de décorations.
[1] M. Heidegger, « Discours du rectorat » dans Ecrits politiques, 1933-1966, Editions Gallimard, 1995, p. 109.
[2] « Allocution prononcée le mercredi 17 mai 1933 », Ecrits politiques, p. 113.
[3] « Discours de Rectorat », Ecrits politiques, p. 103.
[4] « Discours du rectorat », Écrits politiques, p. 104.
[5] « Discours de rectorat », Ecrits politiques, p. 109.
[6] M. Heidegger, « Appel aux Étudiants », publié dans le journal des étudiants de Fribourg, le vendredi 3 novembre 1933, Ecrits politiques, p. 118
[7] « Pourquoi restons-nous en province ? », Écrits politiques, p. 153

