The Euro-Mediterranean Institute for Inter-Civilization Dialog (EMID) proposes to promote cultural and religious dialogue between Mediterranean civilisations ; to establish a network of specialists in inter-Mediterranean dialogue ; to encourage Euro-Mediterranean creativity ; to encourage exchange between Mediterranean societies ; to work to achieve Mediterranean conviviality ; to advise charitable organisations working around the Mediterranean and provide the support necessary to achieve their original projects.
NOTE DE LECTURE : L. TOLSTOI, LA MORT D’IVAN ILLITCH

On retrouve cette Russie structurée par son administration où l'on ne travaille pas autant qu'on remplit une fonction, souvent plus fictive que réelle, à l'instar de ce « fonctionnaire chargé de missions spéciales auprès du gouverneur ». On s'acquitte de ses tâches et obligations sociales « à grand renfort de phrases françaises », déménageant d'une province à l'autre et d'un poste à l'autre. La narration de Tolstoï habille cette administration, terne et blême, sans éclat et sans audace, de phrases « comme il faut » qui se couleraient dans une syntaxe protocolaire immuable. La Russie avait l'âme administrative et c'est elle que Tolstoï restitue dans ce prosaïque et remarquable récit d'un fonctionnaire menant une vie convenue, sans entorses ni incartades, portant le nom quelconque d'Ivan Illitch. Le dénouement mortel, somme toute prosaïque pour cette existence « comme il faut », communique le sentiment que la vie ne serait qu'une longue agonie, malgré les titres, les enfants et les bals : « Un mariage improvisé et décevant. L'haleine lourde de sa femme, sensualité et affectation !... La monotonie mortelle de la chose judiciaire, les incessants soucis d'argent… Un an, deux ans, dix ans, vingt ans… toujours la même chose !... De moins en moins de vie. Comme s'il avait régulièrement dévalé la pente qu'il croyait gravir ! »
Ce récit présente le mérite de poser le lancinant syllogisme de la vie et de la mort. Quoiqu’on se sache mortel, on vit sur le mode de l'immortalité et même quand la mort se présente, on louvoie et se berce de velléités d'immortalité. Le mal n’est pas si incurable ; un nouveau délai nous sera accordé ; peut-être retrouverons-nous le cours normal de notre vie. Finalement, on s'étranglerait du mensonge sur lequel et duquel l'on vit : « Toute ton existence n'a été qu'un perpétuel mensonge, destiné à masquer les questions de vie et de mort ! » Mais le tour de mourir arrive pour chacun même si personne n'attend le sien et ce récit se présente comme l’avis de décès de ses lecteurs qu’attend une mort plus ou moins naturelle au terme de leur(s) lecture(s).

