The Euro-Mediterranean Institute for Inter-Civilization Dialog (EMID) proposes to promote cultural and religious dialogue between Mediterranean civilisations ; to establish a network of specialists in inter-Mediterranean dialogue ; to encourage Euro-Mediterranean creativity ; to encourage exchange between Mediterranean societies ; to work to achieve Mediterranean conviviality ; to advise charitable organisations working around the Mediterranean and provide the support necessary to achieve their original projects.
NOTE DE LECTURE : N. GOGOL, LE JOURNAL D’UN FOU (1835)

Dans un univers où l’on passe son temps à tailler des plumes pour des gradés qui se livrent à l’on ne sait quelles écritures et où les chiens se mêlent aussi de s’écrire des lettres pour raconter les simagrées intérieures de leurs maîtres, un conseiller titulaire, Avksenty Ivanovitch Poprichtchine, se brûle la cervelle, victime d’un burnt out avant l’heure. Il tient un journal où il devient roi d’Espagne le 43e jour d’avril de l’an 2000 et arrive à la conclusion qu’il avait dû être fou pour se prendre pour un vulgaire conseiller titulaire : « Tout ceci vient, je crois, de ce que les gens se figurent que le cerveau de l’homme est logé dans son crâne ; pas du tout : il est apporté par un vent qui souffle de la mer Caspienne. » Il finit bien sûr par disjoncter totalement : « Pas de date. Ce jour-là était sans date. » Puis : « J’ai oublié la date. Il n’y a pas eu de mois non plus. C’était le diable sait quoi. » Le malheureux échoue dans un asile où il endure toutes les douches froides sans se départir de sa dignité de roi d’Espagne.
Le sens de mériter mieux ou d’être meilleur que ce que l’on est, de hanter l’humanité en méconnu inconnu, d’être à la traîne d’un personnage en lequel on ne se reconnaît plus doit être plus universel qu’on ne tend à le penser : « J’ai regardé toute cette vermine administrative et me suis dit : « Si vous saviez qui est assis parmi vous, que se passerait-il ? » »
C’est une petite merveille littéraire, d’une telle vigueur qu’il entraîne le lecteur et suscite chez lui le soupçon que les chiens ressemblent d’autant plus à leurs maîtres qu’ils en connaissent les secrets les plus intimes davantage que leurs proches pour ne point parler… d’eux-mêmes.
Photo : Poprichtchine, Ilia Répine (1882)

