The Euro-Mediterranean Institute for Inter-Civilization Dialog (EMID) proposes to promote cultural and religious dialogue between Mediterranean civilisations ; to establish a network of specialists in inter-Mediterranean dialogue ; to encourage Euro-Mediterranean creativity ; to encourage exchange between Mediterranean societies ; to work to achieve Mediterranean conviviality ; to advise charitable organisations working around the Mediterranean and provide the support necessary to achieve their original projects.
BILLET D’ALLEURS : LE PARADIS EN FLAMMES

Ce n’est pas l’Amazonie qui s’est donné un président populiste qui brade l’âme végétale de son pays avec ses arbres millénaires. Ce n’est pas même la Californie où tout est si clinquant que même les incendies le paraîtraient, où les sociétés privées de pompiers doublent les pompiers municipaux pour protéger les résidences et où les compagnies d’assurances sont encore les plus alarmées. Ce n’est pas une contrée prise au dépourvu, mais bel et bien l’Australie – une contrée paradisiaque qui se trouve au « state of the art » de la technologie et de l’équipement dans tous les domaines, mieux armée qu’une autre pour lutter contre un… vulgaire incendie. Ce qui se passe dans ses réserves et sur ses plages, pendant ses vacances, laisse pantois. Un incendie que rien ne peut arrêter, ni l’armée ni les pompiers, ravage tout sur son passage, réduit des bâtisses en cendres et calcine des centaines de millions de bêtes. C’est l’enfer qui gagne le paradis et marginalise, partout ailleurs, les nouvelles guerres internationales, religieuses, larvées et latentes, les dérisoires courses à la croissance, qui se révèlent de plus en plus dévastatrices, les grèves des cheminots qui continuent de réclamer les retraites qui reviennent aux légendaires pelleteurs de charbon dans les locomotives à vapeur.
Ce n’est pas une vague qui passe, entraînant tout sur son passage, et qui s’en retourne, laissant des victimes et des dégâts : on compte les unes, évalue les autres et s’attelle stoïquement – de ce stoïcisme au diapason de la nature et de ses frasques – à prendre trois à cinq jours de deuil national et à relever les monuments et rénover les sites. Ce n’est pas un tremblement de terre, qui ne dure que quelques secondes, de je ne sais quelle intensité sur l’on ne sait davantage quelle échelle, qu’on ne peut pas plus prévoir qu’empêcher et qui provoque des éboulis dans les bâtisses et dans les âmes. C’est autre chose et l’on n’a trouvé d’autre terme pour désigner cela que… « the Monster ». On ne dira pas d’un volcan qui se réveille ou d’un ouragan qui avance que ce sont des monstres. En revanche, on le dira d’un homme – ou d’une catastrophe qui porte sa marque. L’Australie est touchée dans sa normalité, son immunité climatologique, ses indolence et insolence vacancières et sa glorieuse insularité. La fin du monde ne viendra pas d’un astéroïde mais d’un déchaînement des éléments dans les contrées parvenues – par l’arraisonnement de la nature et le déliement de la croissance – au « paradisiac way of life ». Sitôt que les vedettes de cinéma se mobilisent pour une cause ou une autre c’est signe que le monde est désarmé et qu’il se dispose à traiter ses tragédies et ses désarrois au… cinéma.
Rien dans cet incendie ne restitue autant la pathétique impuissance de l’homme, réduit à s’en remettre au ciel et à ses pluies pour arrêter cette cavalcade du feu, que la débandade des koalas et des kangourous qui ne sont d’aucun autre parti, aucune autre religion, aucune autre culture que ceux de la nature.
Vu d’ailleurs, de loin, je l’avoue, on voit plutôt rouge…

