The Euro-Mediterranean Institute for Inter-Civilization Dialog (EMID) proposes to promote cultural and religious dialogue between Mediterranean civilisations ; to establish a network of specialists in inter-Mediterranean dialogue ; to encourage Euro-Mediterranean creativity ; to encourage exchange between Mediterranean societies ; to work to achieve Mediterranean conviviality ; to advise charitable organisations working around the Mediterranean and provide the support necessary to achieve their original projects.
NOTES PHILOSOPHIQUES : LA CHARLATANERIE MEDICALE
La médecine est-elle une science ? La médecine véhiculerait d’irréductibles charges de « charlatanerie », d’autant plus pernicieuses/malicieuses que de toutes les pratiques humaines, c’est celle qui déploie les plus grandes doses d’ingéniosité rhétorique pour masquer son caractère artisanal. – En quoi est-elle charlatane ? – L’étude de sa charlatanerie réclame une analyse critique de la rhétorique médicale sous tous ses aspects, clinique, technique, thérapeutique, voire humanitaire. Cette analyse permettrait d’éclaircir nombre de questions qui courent la réflexion médicale. Le plus lancinante est encore liée aux réticences psychosomatiques de la médecine dite occidentale : Pourquoi reste-t-elle dans un paradigme anatomique-pathologique et se prépare-t-elle à s’engager dans un paradigme génétique sans se risquer vraiment dans le paradigme psychosomatique où pourtant elle s’exerce et se pratique ? Pourquoi persiste-t-elle à traiter des maladies comme si elles étaient des accidents du hasard et non des réactions à des perturbations psychiques ou à des dégénérescences étiologiques ?
Quoi qu’il en soit, la médecine occidentale n’est pas une science. Elle ne l’a jamais été, ne le sera jamais. Elle est tributaire des sciences biochimiques et de sciences humaines et sociales que, plus somatique que psychosomatique, elle ne prend pas vraiment en considération (ne peut prendre en considération ? Pour toutes sortes de raisons, pratiques autant que méthodologiques). C’est une (pratique) éclectique qui réclame, on ne saurait trop pourquoi, de longues études et de non moins longs stages qui durent – devraient – durer pendant toute la carrière du médecin. Malgré son importance vitale, c’est l’une des rares pratiques à n’avoir pas engendré de grande philosophie (précisément des suites de sa nature éclectique ?) et qui persiste à se planquer derrière des éthiques de plus en plus obsolètes. Elle ne donnera pas de philosophie, nécessaire au plus haut point à la formation de médecins sensibles aux questions sans cesse nouvelles qui naissent à la croisée écologique de la société, de la recherche et de la technique tant qu’elle persistera à occulter son caractère « charlatane » et à ne pas s’intéresser de près à son éclectisme.
Les débats, les interrogations et les dilemmes dans le sillage de la crise coronaire trahissent les carences – sinon l’inexistence ? – de la philosophie de la science (Foucault traite davantage de politique de la médecine que de sa philosophie).

