NOTE DE LECTURE : BLAISE PASCAL, PENSEES (1669)

8 Feb 2021 NOTE DE LECTURE : BLAISE PASCAL, PENSEES (1669)

Pascal succombe au vertige existentiel qu’il décèle dans le grand silence cosmique. Penseur de paille, il médite la brindille que serait l’homme dans le chaos du néant et dans l’éternité de l'infini, ne trouvant rien à quoi s’accrocher. Sa perception de l’homme est entrée dans l’anthologie des perles philosophiques : « L'homme n'est qu'un roseau, le plus faible de la nature, mais c'est un roseau pensant. » Un être d’autant plus fragile qu’il peut succomber à tout instant à un rien, tirant sa noblesse de la conscience de sa mortalité, sa dignité de sa capacité à penser et son pouvoir de la conscience de sa vulnérabilité. Pascal ne cache pas sa répugnance pour l'homme vaniteux et sarcastique, homme gâté, qui trouve son exutoire dans le divertissement qui lui permet de se désencombrer de soi et de se détourner de la mort qui l’attend.

Chez Pascal, les variations de pensées représentent un choix de composition. Il choisit de procéder par touches pour souligner que la pensée ne se laisse pas contraindre à l’exposé magistral sans faire violence à la réalité, plus compliquée qu’elle ne paraît. La prédication religieuse serait du reste plus impérieuse que le discours philosophique, plus commune et plus audible. Elle réussit partout où la philosophie échoue, commandée par le principe énonçant que le salut n’est donné qu’à ceux qui le cherchent tandis que le désarroi guette les autres. Elle précède la philosophie, elle la relaie et ces derniers temps, elle s’insinue dans ses compositions au point de précipiter ses essais dans le prêche…