The Euro-Mediterranean Institute for Inter-Civilization Dialog (EMID) proposes to promote cultural and religious dialogue between Mediterranean civilisations ; to establish a network of specialists in inter-Mediterranean dialogue ; to encourage Euro-Mediterranean creativity ; to encourage exchange between Mediterranean societies ; to work to achieve Mediterranean conviviality ; to advise charitable organisations working around the Mediterranean and provide the support necessary to achieve their original projects.
NOTES PHILOSOPHIQUES : DU BIG BANG AU BIG END

Que sont les coordonnées ? Pourquoi sont-elles quatre et non cinq ou une infinité ? Pourquoi continue-t-on de prendre en considération la dimension du temps qui ne rime à rien dans un univers infini sinon éternel ? – Parce que de toutes les dimensions, ce serait celle qui engage le plus impérieusement l’existence humaine ? – En quoi celle-ci engagerait-elle les recherches microscopiques et macroscopiques ? – En rien sinon que c’est l’homme qui reste l’artisan et l’oracle de ses recherches et de ses découvertes. – Pourtant l’homme aurait trouvé la meilleure manière d’écarter le temps de ses considérations scientifiques en le mettant à de telles puissances, positives et négatives, dans ses équations qu’on se demande ce qui changerait si on l’écartait totalement.
Poussons l’interrogation alternative (consistant à récuser en doute les procédures de la démarche scientifique, ses postulations et ses visées) encore plus loin : Pourquoi, au point où on en est, postuler un Big Bang plutôt qu’un non-Big Bang ? – C’est-à-dire ? – Que recouvre donc la postulation d’un Big Bang ? – Le Big Bang serait-il une métaphore pour le néant dans le processus de la création que celle-ci soit cosmogonique, poétique, génétique. – Ne pointerait-il pas plutôt la sortie hors du néant ? – Une origine. – Mais l’origine ne recouvre-t-elle le premier et le dernier préjugé de l’homme ? – Qu’exprime donc ce besoin d’origine ?
On persiste à penser l’origine parce que la pensée scientifique procède de la recherche des antécédents et cela dure depuis qu’on a assimilé Dieu au Premier moteur et que des quatre causes d’Aristote, on a privilégié la cause efficiente et marginalisé sinon écarté les trois autres. Que ne réhabilite-t-on pas la cause finale et n’articule-t-on pas une pensée qui partirait de la « fin » du monde, dans le sens apocalyptique de « terme » autant que messianique de « but », de disparition ( ?) que de vocation ( ?) ? Plutôt que de s’intéresser à l’origine du monde – au Big Bang – on s’intéresserait à sa vocation – au Big End. Ce serait assurément à contre-courant de la pensée telle qu’elle se déploie depuis qu’on place Dieu au début. Pourquoi ne pas le poser au bout (avec Auguste Blanqui ou Ernst Bloch par exemple pour ne point parler des mystiques dans la plupart des religions) ? Pourquoi ne pas envisager des équations qui se donneraient leurs propres paramètres pour prédire la fin du monde ? partiraient de cette fin, qu’on la veuille apocalyptique (entropique ?) ou messianique (utopique ?) pour raconter rétrospectivement un autre récit de l’univers que celui dont on nous rebat les oreilles depuis que l’on s’est mis à penser avec Dieu ? L’écologie ne réclame-t-elle pas une pensée à rebours ? – Que dirait-elle ? – Tout ce qu’on se contente de bredouiller. – C’est-à-dire ? – Elle partirait de l’avenir et resterait branché sur l’avenir. Ce serait le Big End (vision) plutôt que le Big Bang (chaos) qui ne nous permet que de dérailler avec les chercheurs.
Trois à cinq mille ans plus tard, on peut envisager d’imprimer à la recherche et à la pensée une autre vocation que celle qu’elle poursuit depuis qu’elle s’est oubliée en elle. – Quelle est cette vocation ? – Je ne sais précisément laquelle parce qu’elle n’en a pas et qu’elle se nourrit du chaos originel pour se résorber, de plus en plus, dans un chaos de la pensée, malgré les puces dans les cerveaux et les satellites interstellaires. Elle n’aurait poursuivi sa cavalcade qu’en invoquant ses Lumières qui conduisent à des charniers humains, à la dévastation d-écologique de la terre, à l’illusion d’une désastreuse immortalité qui précipiterait le désarroi humain et se heurterait à de plus en plus de virus plus régulateurs que liquidateurs des attentes que l’on peut avoir des surpopulations, des surconsommations et des surcroissances. Ce redéploiement du mode de pensée réclamerait des décennies sinon des siècles pour mûrir dans les esprits et les convertir, ce n’en serait pas moins révolutionnaire et vital, ce ne nous en sortirait pas moins du piétinement de la recherche astro-physique qui est en train de tourner, malgré ses équations et ses parcs d’observatoires, à de la kabbale. Je ne sais quelles perspectives démographiques, économiques, sanitaires elle ouvrirait, quelles sensibilités religieuses, quels codes éthiques. – Pourtant, pourquoi cette contre vision des choses semble-t-elle aberrante ? – Parce qu’elle heurte notre perception efficiente de la causalité privilégiant la cause efficiente et négligeant la cause finale, voire l’excluant de toute recherche et c’est parce qu’elle est aberrante qu’elle serait innovante. – Pace qu’elle ne s’est pas encore donné ses mathématiques aussi.
La théorie du Big Bang donne lieu à de telles aberrations cosmogono-logiques, sanctionnées depuis peu par des prix Nobel, qu’on devrait envisager de l’écarter malgré les équations mathématiques qu’elle ne cesse de sécréter et les indices que l’on avance pour plaider en sa faveur. Elle ruine toutes les coordonnées, elle n’en établit aucune. Ce ne serait que la prise en charge de la thèse théologique de la création par des mathématiques encore plus hallucinées et hallucinantes que les productions religieuses les plus délirantes. Elle ne présente ni intérêt existentialiste ni intérêt poétique. Ce serait la plus pathétique et grandiose invention jamais émise par les plus avertis et rigoureux des hommes.

