NOTE DE LECTURE : JORGE AMADO, NAVIGATIONS DE CABOTAGE (1998)

9 Aug 2021 NOTE DE LECTURE : JORGE AMADO, NAVIGATIONS DE CABOTAGE (1998)
Posted by Author Ami Bouganim

Pour ne rien trouver d'autre à dire qu'à étaler ses mondanités communistes, Amado aurait mieux fait de ne point publier ses « Navigations de Cabotage ». Il réglerait avec ce livre le prix d'un engagement qui l'aura empêché de penser. Sur près de mille pages, rares sont celles à présenter un véritable intérêt. Il enterrerait son œuvre, flamboyante sinon passionnante, sous de pseudo-mémoires. On comprend qu'il a baisé et communisé à tort et à travers, qu’il n'a pas davantage livré de grand combat pour imposer son œuvre, et cela on le sent à la platitude de ses commérages. Les mémoires d'un écrivain gâté à moins que la cordialité brésilienne ne prédispose à une vieillesse vermoulue. Ce n'est plus la haute et naïve voltige narrative de ses romans : littérature à l'état pur, sans prétention, sans recherche particulière, une grande épopée, rivée à une forêt obscure, prisonnière de ses envoûtements, de ses mirages et de ses calamités. On regrettait seulement que l'Amazonie ne lui ait pas inspiré de métaphysique, ne serait-ce que des bribes.

Amado entame sa notoriété littéraire avec ce journal. Ce ne pouvait être qu'un brave conteur, un écrivailleur, voire le merveilleux crapaud des lettres brésiliennes. Il a eu une bonne vie et il en est content ; il n'était pas intelligent et il n'en est pas conscient. Il aura commencé comme génie prometteur et fini en vieux flagorneur. Il a été célèbre, il a fréquenté le monde et il est mort assez vieux pour que ses mémoires tournent à une interminable nécrologie littéraire.