The Euro-Mediterranean Institute for Inter-Civilization Dialog (EMID) proposes to promote cultural and religious dialogue between Mediterranean civilisations ; to establish a network of specialists in inter-Mediterranean dialogue ; to encourage Euro-Mediterranean creativity ; to encourage exchange between Mediterranean societies ; to work to achieve Mediterranean conviviality ; to advise charitable organisations working around the Mediterranean and provide the support necessary to achieve their original projects.
BILLET D’AILLEURS : Z. COMME ZAATUT

Puisque ces posts, les moins intéressants de ceux qui paraissent sur ce blog, sont ceux qui m’attirent le plus de réactions et que je prends mon plaisir à les écrire, je vous propose un autre du même cru avant que le personnage ne disparaisse et que je ne perde tout intérêt pour les vaticinations de l’une des créations gauloises les plus caricaturales de ces dernières décennies. Seule son élection me garantirait le loisir que je trouve à suivre le chahut politique du monde. Trump n’est plus là, Johnson s’est britishé, Bolsonaro prépare sa retraite, Duarte se serait assagi. Zelensky attend que le drame que connaît son peuple touche à sa fin pour connaître le sort du comique qu’il était et qu’il reste malgré tout dans son numéro devant les meilleurs parlements au monde. Zaâtut est à mon sens une graine de héros comique. Il s’inscrit, comme il n’arrête pas de le déclarer dans son interminable autopromotion littéraire, dans la tradition de « la fine lame française » qui dans sa bouche ne serait rien moins que gueuse et venimeuse. Il prend sa plume pour liquider les principes de la République et réduire la France à cette bouillie tricolore de fiel et de bave qui pleure son… remplacement.
Quand on lui a demandé quel serait la première rencontre internationale qu’il accomplirait s’il était élu, il a donné les quatre autres membres permanents du conseil de sécurité de l’ONU et… les dirigeants des pays du Maghreb pour mettre en œuvre son plan de remigration. Il n’aura, c’est clair, rien à dire aux membres du Club des Cinq qui nuit à l’ONU davantage qu’il ne le sert. Mais c’était sa manière de dire qu’il dérogera à la tradition et ne rencontrera pas le chancelier allemand qui risque bel et bien d’entamer la dérisoire grandeur militaire de la France en Europe. Je veux voir combien de temps Biden endurera son baratin avant de fermer l’oreillette et de s’endormir, surtout si Zaâtut s’avise de parler en anglais qui était – je veux le croire – la principale cause de son échec au concours d’entrée à l’ENA. Je veux voir quelle attitude aura le Grand Panda pour ce petit homme qui sait tout sur tout et se révèle crétin en tout. Je veux le voir donner l’accolade à Poutine et recevoir de lui l’ordre de Saint-André. Je veux le voir s’incliner devant la reine d’Angleterre et écouter ce qu’elle susurrerait à son chambellan : « Are we talking about the legendary and glorious France? He looks more like a vizier than a president. » Je veux surtout voir sa tournée dans les trois pays du Maghreb. Je ne doute qu’il sera reçu au Maroc avec tous les honneurs dus à l’ancienne puissance coloniale qui traverse un mauvais moment et qu’on l’assurera de la collaboration du Royaume sur ses intentions de rapatrier les immigrés clandestins illégaux criminels islamisés :
« Je veux votre accord pour les accueillir. »
« Le Maroc est terre d’hospitalité, elle vous accueille, elle n’aura aucun mal à accueillir ses fils et filles alléchés par les Lumières de la France. »
« Vous autoriserez l’atterrissage des charters et ne les reconduirez pas à la frontière. »
« Le Maroc est terre de liberté, on n’entravera pas leur liberté de déplacement, ils pourront s’installer où ils le souhaitent et se rendre partout, y compris à Tanger et Ceuta où l’on a du mal, on doit le reconnaître, à contenir le flux des migrants. »
« Quel sort réserveriez-vous aux détenus des prisons françaises ? »
« Au Maroc ils n’ont rien fait de mal et restés au Maroc ils n’auraient rien fait de mal. »
« Alors je peux vous les livrer par charters ? »
« Par charters, par cargos, par montgolfières. Sa Majesté, Mohamed V, paix à son âme, nous a légué un stratagème pour régler ce genre de problème. Il nous a servi pour empêcher la déportation des juifs par les représentants de Vichy, on ne doute qu’il nous servira face à vos représentants. »
En Tunisie, il sera peut-être reçu pour encourager le tourisme et sauver les installations hôtelières :
« Nous accueillerons vos expulsés à condition que vous nous livrez les installations requises pour les incarcérer. Nous n’avons aucune expérience dans ce domaine. Vous savez, nous ne sommes pas difficiles, nous nous contenterons des installations des années 40 qui restent en France. »
En Algérie ce sera un peu plus sensible. On ne saura si on doit l’accueillir en membre du clan des Zaâtut ou en fils du bled :
« De combien de personnes parlez-vous ? »
« Je n’ai pas les chiffres sur moi, mais je vous les ferai parvenir. »
« Seront-ils audités par McKinsee ? »
« Peut-être pas McKinsee, mais par la Cour des comptes. »
« Soucieux de nous épargner des scènes déchirantes, à vous autant qu’à nous, nous souhaitons que l’opération soit de courte durée. »
« Mais bien entendu. »
« Pour cela nous vous proposons de rapatrier en Algérie tous les émigrés nés en Algérie ou de parents nés en Algérie. Comme cela la France serait sûre de connaître la plus grave crise démographique, économique, intellectuelle de son histoire. Ce ne sont pas les bobos du Trocadéro qui vont se mettre à travailler ou à penser. »
Je ne me passionne pas tant pour la politique que pour le rire. Je trouve l’homme risible et les politiciens particulièrement comiques. Or rien ne m’amuse plus ces derniers mois les gesticulations, les détournements, les retournements de l’anchois dans les eaux troubles politiques. Je n’ai cessé de lire « Don Quichotte », « Les Ames mortes », « Les Aventures du brave soldat Svejk » et je dois dire que malgré sa prolifération littéraire, la France n’a pas produit d’ouvrages comiques de cette envergure. Elle a bien sûr Rabelais et Molière. Mais on avouera, je présume, que le premier ne passe plus l’épreuve de la balourdise et que le second est trop français pour parler aux Américains, aux Chinois et aux Indiens. La France a urgemment besoin d’un traitement comique. Or elle tient son personnage qui n’est rien moins que le champion le plus teigneux de la mauvaise foi. Les protestations des historiens sont pathétiques, on ne convainc pas plus un truqueur de l’histoire qu’il n’est pas historien qu’un zaâtut qu’il n’est pas un zaâtut. Les livres sur le dévoiement par zaâtut du judaïsme, de l’islam, du christianisme, du pétainisme, voire de Chateaubriand et de Napoléon (comme si on pouvait se réclamer de ces deux à la fois !) ne sont que des exutoires. Les études psycha-politiques n’ont jamais guéri les hurluberlus politiques qui ont défrayé l’histoire. Le bonhomme est trop bête (je n'arrêterai pas de le répéter) et trop borné (l’esprit bouché par ses citations), dénué de toute empathie, pour se caresser autre chose que le nombril. Seul Bolloré, président général de « Montreur de Marionnettes et Cie », pourrait encore trancher les fils au bout desquels gesticule son guignol. Mais Bolloré persiste à suer le burnous en Afrique. Il entrera dans l’histoire comme le premier oligarque de France à avoir tenté de lancer un assaut médiatique contre l’Elysée. Il peut encore se blanchir en recrutant les meilleures plumes et commander « Le roman de Zaâtut » à la lecture duquel on se réconcilierait avec soi pour se réconcilier avec les étrangers qui rehausseront les couleurs de la France. Ca déridera le Monde, la France, ses colonies d’outre-mer, son monde littéraire. Sinon on devra se contenter de de ces malheureux posts…

