The Euro-Mediterranean Institute for Inter-Civilization Dialog (EMID) proposes to promote cultural and religious dialogue between Mediterranean civilisations ; to establish a network of specialists in inter-Mediterranean dialogue ; to encourage Euro-Mediterranean creativity ; to encourage exchange between Mediterranean societies ; to work to achieve Mediterranean conviviality ; to advise charitable organisations working around the Mediterranean and provide the support necessary to achieve their original projects.
DANS LE SILLAGE DE DERRIDA : LE VERBIAGE DE LA DECONSTRUCTION

Derrida prend à son tour des accents de prophète de mauvais augure pour mettre en scène littéraire une écriture quasi terroriste contre le logocentrisme de la tradition métaphysique. Sa prescience ontologique l’autorise à recourir à l’intimidation anti rationaliste comme procédé rhétorique, donnant à ses semonces une telle solennité qu’il s’assure l’indulgence de ses mauvais lecteurs. Sur l’incitation de Heidegger, il pratique une rature, simulée ou non, de la métaphysique. Ce faisant, il tente de se dérober à ses déterminations, sans cesser pour autant de recourir – provisoirement – à ses distinctions. Or les contorsions requises par cette dérobade seraient puériles et crispantes. Elles ne réussiraient qu’à rabattre les esprits honnêtes vers... le silence bouddhiste, le tango borgésien, la samba brésilienne, la chorégraphie indoue ou la sarabande gnawa.
Derrière sa déconstruction, on se plaît à soupçonner, l’auto-dérision d’un brillant homme de pensée qui n’aurait lancé cette notion – incompréhensible à moins de la prendre comme une extension de la même notion chez Heidegger – pour s’assurer de la crédulité herméneutique de cohortes de commentateurs. Il caricature la posture philosophique, présentant l’accusation d’obscurité portée contre ses considérations comme une censure. Le premier et le dernier mot de sa déconstruction restant la construction de son personnage philosophique, Derrida s'illustre dans l’art d’articuler un verbiage plus ou moins intelligent qui promeut le hasard au rang d’une super-critique.
La déconstruction est l'auto-oraison de la philosophie se secouant de ses cadavres pour émettre ses derniers râles. La mort de Dieu, la perte de repères, la pratique systématique du soupçon, le désenchantement généralisé, le minage du langage, l'internement dans la détermination logistique de l'être, n'autorisent en aucun cas qu'on se laisse déborder par le langage au point de se laisser ballotter par lui et d'entraîner le lecteur auditeur dans un tourbillon de mots qui ne décante pas. Derrida, on doit en convenir, dit tout et n'importe quoi. Les plus sévères diront parce qu'il était victime d'une variété d'autisme intellectuel, servi ou desservi par une mauvaise pratique de l'écriture.
L'homme de Derrida est désespérant : plus il se désespère et plus il désespère les autres. Sa désespérance, corrélative de son existance, ne dérangerait pas si elle n'instaurait un régime universel de l'ennui : de vivre, de mourir et de penser.

