The Euro-Mediterranean Institute for Inter-Civilization Dialog (EMID) proposes to promote cultural and religious dialogue between Mediterranean civilisations ; to establish a network of specialists in inter-Mediterranean dialogue ; to encourage Euro-Mediterranean creativity ; to encourage exchange between Mediterranean societies ; to work to achieve Mediterranean conviviality ; to advise charitable organisations working around the Mediterranean and provide the support necessary to achieve their original projects.
UNE PAIX INTERIEURE
Je ne sais au juste ce que seraient la vocation et la mission d’un Institut euro-méditerranéen. Bien sûr penser davantage l’humanité qui se presse sur les terres qui bordent la Méditerranée que les vagues qui les mouillent. Les recherches sont nombreuses – sur les marées, les vents, les tourbillons ; les manifestes poétiques rares – sur l’échange, le voisinage, l’entente, la convivialité. Chaque jour des centaines de chercheurs sinon des milliers plongent dans les fonds marins à la recherche d’amphores, reconstituent les cadastres architecturaux des sites, établissent les herbiers pour l’on ne sait quelles médecines. L’espace euro-méditerranéen réclame sa poétique et sa politique. Elles marieraient les voix, les mouvements, les gestes, les lignes et les couleurs qui se déploient sur cette mer et nourriraient une créativité plus caressante que le gothisme du nord et plus tendre que le surréalisme qui poursuit, derrière ses tendances postmodernistes, ses expériences et ses licences. La Méditerranée attendrait de recouvrer sa vocation de berceau d’une civilisation qui mettrait la Grèce et l’Italie, l’Espagne et le Maroc, Israël et la Turquie au diapason d’une sonorité, d’une veine, d’un régime sur les natures desquels on ne se risque pas à se prononcer de peur d’être assimilés à des rêveurs ou des prophètes. Or c’est de renouer avec le rêve que la Méditerranée a besoin pour calmer ses tempêtes et communiquer son grand dessillement.
La Méditerranée jette ses sorts et exerce ses charmes. C’est sûr, c’est patent. Je suis victime des uns et succombe aux autres tous les matins et soirs à travers la baie vitrée qui donne sur les humeurs que les jours donnent à la mer. Je sais surtout que la Méditerranée doit se décider à exaucer le vœu pieux d’Aristote et devenir « un grand lac de paix ». Ce n’est peut-être qu’un leurre, je ne souhaite pas pour autant m’en secouer, ne serait-ce que pour poursuivre le seul mirage que m’inspirerait cette mer – une paix intérieure.

