The Euro-Mediterranean Institute for Inter-Civilization Dialog (EMID) proposes to promote cultural and religious dialogue between Mediterranean civilisations ; to establish a network of specialists in inter-Mediterranean dialogue ; to encourage Euro-Mediterranean creativity ; to encourage exchange between Mediterranean societies ; to work to achieve Mediterranean conviviality ; to advise charitable organisations working around the Mediterranean and provide the support necessary to achieve their original projects.
NOTE DE LECTURE : SELMA LAGERLOF, JERUSALEM EN DALECARLIE (1902)

C’est un récit plat comme l’écriture qui constitue le terreau de l’évangélisme et blême comme la Suède. Un prophète perturbe les mœurs et les rites dans un bourg où domine un nom davantage qu’une dynastie ou une famille. Il vient ou revient d’Amérique et ne propose d’autre doctrine que de redécouvrir le sens authentique de l’Ecriture. Il prétend réaliser des miracles ; il exerce un charisme certain. Il parle au nom de « la vraie Jérusalem descendue des cieux ». Sans autre nouvelle que ce credo : « Vous tous qui voulez mener une vie chrétienne, vous devez chercher assistance dans votre prochain. » Bientôt il conquiert le bourg converti en communauté. L’Evangile n’a jamais dit son dernier mot. Dieu non plus. L’homme inspiré ou illuminé encore moins.
Lagerlöf pratique la parcimonie littéraire de rigueur dans les milieux évangéliques. C’est à la fois trop lent et trop rapide, trop paisible et trop bousculé. Elle décrit les atermoiements, les déchirements et les divisions au sein de la communauté. Sa plume tremperait dans une ondée d’été ou dans une encre blonde pour nous associer à des remous dans la routine de croire et de vivre. Un travail d’artisane des lettres, dans cette ambiance douillette et humide d’un nord condamné aux ennuis éternels. Les voix se détachent sur fond de remords pour l’on ne sait quels péchés en vue d’accueillir des visiteurs invisibles. Sur les traces du merveilleux Jésus, en route vers Jérusalem. Ce serait le monotone piétinement du protestantisme condamné à un prosaïque ressassement. On n’attend pas plus le sauveur que le salut. On ne saurait plus ce que l’on attend.
C’est un récit d’émigration. La liquidation d’un patrimoine contre la promesse d’une Jérusalem mythique. On ne sait si Lagerlöf est acquise à l’odyssée ou non, si elle est du parti des évangélistes ou de leurs adversaires. Elle conclut son récit sur la tentative des enfants de retourner en arrière : « Ca nous est bien égal qu’on aille à Jérusalem : nous voulons nous en retourner en arrière. »

