The Euro-Mediterranean Institute for Inter-Civilization Dialog (EMID) proposes to promote cultural and religious dialogue between Mediterranean civilisations ; to establish a network of specialists in inter-Mediterranean dialogue ; to encourage Euro-Mediterranean creativity ; to encourage exchange between Mediterranean societies ; to work to achieve Mediterranean conviviality ; to advise charitable organisations working around the Mediterranean and provide the support necessary to achieve their original projects.
BRIBES PHILOSOPHIQUES : LA PRESSURATION DE L’ÉTAT
L'État ne recule devant rien pour pressurer les contribuables. Quand on pratique une politique déliée de l’impôt, un jour vient où les couches populaires et moyennes, les plus laborieuses, ne sont plus à même de couvrir leurs dépenses et se trouvent rétrogradées, comme le prédisait Marx, au rang des couches déshéritées. Le travail n'assurant plus la subsistance ou n'assurant plus qu’elle, les travailleurs se trouvent réduits au rang d'esclaves trimant pour survivre. La dignité qu'ils trouvent à travailler est battue en brèche, soit parce que les emplois proposés sont indignes, ne correspondant pas aux qualifications et aux compétences, soit parce que travailler ne rime plus à rien. L'indignité s'étend à des secteurs de plus en plus larges de la population qui allient la colère à une conscience politique désenchantée. Ils sont diplômés ou qualifiés, ils sont encore jeunes et ils ne sont qu'endettés sinon enserrés par leurs servitudes domestiques autant que professionnelles.
La TVA est peut-être l'expression la plus éloquente de la rapine étatique. Elle illustre la surenchère dans l'imposition. L'impôt sur le revenu, l'impôt sur l'habitation, l'impôt sur les services. Puis l'impôt le plus scélérat de tous : celui sur la consommation – puisque c’est bien de cela qu’il s’agit derrière la TVA – qu'autorisent des revenus déduits de tous les autres impôts. On n'en termine pas à la mort puisque l'on doit régler pour vous l'impôt sur la succession sous prétexte de redistribuer les richesses alors qu'il s'agit davantage de nationaliser une partie d'entre elles. Il s'est trouvé des États pour pousser la scélératesse jusqu'à imposer les concessions mortuaires, voire pour recourir à l’impôt pour promouvoir une nouvelle Weltanschauung – comme dans la transition écologique – quitte à plier la population en la soumettant à de nouvelles taxes. Dans tous les cas, l’État vacille le jour où il devient une machine à pressurer qui ne servirait que ses agents et seulement ses agents, que ce soit les politiciens ou les fonctionnaires. On aurait d'un côté les pensionnés de l'État, de l'autre, les parias de l'État qui n'en voient pas l'avantage. Or ce sont ces derniers qui entretiennent les premiers. Sans les impôts des uns, les autres n'auraient pas de salaires. Même les syndicats protégeraient les acquis des pensionnés davantage que des déshérités acculés à susciter une mouvance anarchisante qui ne saurait quelle société appeler de ses vœux et quelles structures étatiques se donner.
L'État libéral donne des signes de grincement quand il ne peut plus poursuivre sa surenchère de l'imposition requise pour assurer les services publics qui lui confèrent sa légitimité. Il ne s'écroulera peut-être pas ; il n'en devra pas moins connaître des mutations qui le métamorphoseront, peut-être quand les indignés se décideront à prendre d'assaut les syndicats, à en prendre le contrôle et à les investir d'une vocation anarcho-délibérative.
Baudelaire, poète jaune s’il en est, était horripilé par le monstre étatique. Il se voulait trop clandestin et anarchiste pour s'accommoder de sa bureaucratie: « Cette cohue de vendeurs et d'acheteurs, ce sans-nom, ce monstre sans tête, ce déporté derrière l'Océan, État[1]. »
[1] C. Baudelaire, Etudes sur Poe, La Pléiade, Vol. II, p.327.

