The Euro-Mediterranean Institute for Inter-Civilization Dialog (EMID) proposes to promote cultural and religious dialogue between Mediterranean civilisations ; to establish a network of specialists in inter-Mediterranean dialogue ; to encourage Euro-Mediterranean creativity ; to encourage exchange between Mediterranean societies ; to work to achieve Mediterranean conviviality ; to advise charitable organisations working around the Mediterranean and provide the support necessary to achieve their original projects.
DANS LE SILLAGE DE BERGSON : L’HABITUS MORAL
Bergson souligne le rôle de l’habitus dans la cristallisation de l’obligation morale – « extrait concentré, quintessence des mille habitudes spéciales que nous avons contractées d’obéir aux mille exigences particulières de la vie sociale » (H. Bergson, « Les Deux Sources de la morale et de la religion », PUF, 1965, p. 17). Il n’est pas jusqu’à l’a priori kantien qui ne soit pour lui une sédimentation des habitudes, au point de déclarer, un rien railleur, qu'« un impératif absolument catégorique est de nature instinctive ou somnambulique ». (H. Bergson, « Les Deux Sources de la morale et de la religion », p. 20.) Bergson distingue néanmoins entre morale close et morale ouverte. La première, impersonnelle, s’exerce comme pressions sur l'individu, en l'occurrence celles de l’instinct et de l’habitude, sédimentés comme obligations et requérant de se conformer à des commandements généraux. La seconde, morale de limitation ou de restriction, incarnée par des personnalités morales d’exception, s'exerce par le biais de l'inspiration et de l'aspiration.
Bergson en vient à récuser l’intellectualisme et le rationalisme moraux. Plutôt que de décider de l'action morale, la raison n'intervient à la limite que pour arbitrer les délibérations qui la précèdent ou pour se prononcer sur celles qui suivent une abstention ou une violation morales provoquées par la passion ou par l’intérêt. La raison arbitre, rationnalise, elle ne tranche pas. La raison n’agit pas directement sur la volonté. Toutes les raisons et contre raisons ne contiendraient pas la passion, n'agiraient pas sur la volonté : « Parce que la raison intervient en effet comme régulatrice, chez un être raisonnable, pour assurer cette cohérence entre des règles ou des maximes obligatoires, la philosophie a pu voir en elle un principe d’obligation. Autant vaudrait croire que c’est le volant qui fait tourner la machine. » Les hommes ne s’acquittent pas tant de leur devoir parce qu’ils se conforment à la raison que parce qu’ils sont conditionnés par les habitudes qui les incitent, sinon les conditionnent, à agir comme ils agissent, n’invoquant la lumière de la raison qu’en cas de conflit. L'exercice de la morale réclame par conséquent un conditionnement socio-pédagogique.
Seule la religion réussirait encore à peser sur la volonté. Dès lors se pose la question de savoir ce qui dans la religion contiendrait et contraindrait la volonté ? – La Raison supérieure de Dieu ? – Je ne commettrais pas tous ces menus péchés parce que Dieu me l'interdit. – Quelle serait cette Raison ? Pourquoi ne serait-ce pas une chimère ? – Parce qu’elle est serait véhiculée par l’Elan vitale (serait inhérente à la vie ?) et serait illustrée par des personnalités morales particulières dont l’œuvre imprime son progrès à la religion morale. – Pourquoi, dans le cas des petites gens, obéir à Dieu ? – Par crainte de châtiments, dans un autre monde sinon celui-ci ? Pour imiter les grandes personnalités morales ? Parce qu’on est porté par l’élan vital fait foi vitale ?

