The Euro-Mediterranean Institute for Inter-Civilization Dialog (EMID) proposes to promote cultural and religious dialogue between Mediterranean civilisations ; to establish a network of specialists in inter-Mediterranean dialogue ; to encourage Euro-Mediterranean creativity ; to encourage exchange between Mediterranean societies ; to work to achieve Mediterranean conviviality ; to advise charitable organisations working around the Mediterranean and provide the support necessary to achieve their original projects.
DANS LE SILLAGE DE FOUCAULT : FOLIE ET RAISON

Foucault navigue entre la déraison et la raison sans trop savoir où passe la ligne de démarcation entre elles, sans se risquer à la situer. On ne doit pas chercher à les distinguer ; on ne réussirait pas. La déraison trouverait sa contenance dans la raison, la raison son dépassement dans la déraison (la folie). En présentant la déraison comme l'envers de la raison, Foucault pointe un nouveau seuil critique. Dans les termes de la psychanalyse, nous dirions que la déraison reste un refoulé de la raison, au point de soupçonner un dément derrière chaque philosophe sinon chaque homme. Foucault souligne en particulier le voisinage de la folie et de la science. D'un côté, la folie (de la recherche ? de la découverte ? de la gloire ?) serait l'un des moteurs de la science, voire l'une de ses sanctions (le savant fou ?) ; d’un autre, la folie guette le délire des sciences s'embarquant dans l'occulte de l'inconnu : « La science verse dans la folie par l'excès même des fausses sciences » (M. Foucault, « Histoire de la folie à l'âge classique », Gallimard, 1985 (1972), p.35).
Le mérite de Foucault est d'avoir montré que la folie s’illustre comme raison au point d'être vécue comme super-raison : nul n’aurait plus « raison » que le fou dans son délire. Sans cela, la déraison persiste derrière la raison, perçant volontiers dans la vanité et l’autocomplaisance : « La folie apparaît... comme la punition comique du savoir et de sa présomption ignorante. » Elle incline à s’accrocher à un absolu recouvrant une déraison absolue : suprême folie – folie sacrée ? – comme recours contre la folie. On le voit chez les savants autant que chez les mystiques.

