JOURNAL DE LA PERPLEXITE : LA POURSUITE DU VENT

29 Aug 2023 JOURNAL DE LA PERPLEXITE : LA POURSUITE DU VENT
Posted by Author Ami Bouganim

Le vent n’est ni assez véhément pour abattre l’homme ni assez impétueux pour l’emporter ; ni assez trouble pour l’intriguer ni assez passionnant pour l’inspirer. Il n’a pas de considération pour lui, ne demande à personne de le rallier, encore moins d’exaucer ses vœux. C’est tout juste s’il insinue le sens de la vanité à Salomon et de l’absurde à Camus. L'Ecclésiaste était sage et insensé, Sisyphe sage et brigand. Lie-tseu prescrivait de « se mouvoir dans le vide et chevaucher le vent ». Chateaubriand dans ses Mémoires : « Quand le vent souffle, je ne suis plus amoureux que de lui. » En définitive, tout au bout des jours, on embarque dans son carrousel à la poursuite du mortel mirage qui serait seul à ne pas receler d’illusion.

Le vent ne caresse de désir que pour les girouettes qui s’alignent sur ses louvoiements. Mais seule la poussière s’emballe vraiment pour lui et lorsqu’il s'en pare, on peut le voir danser.

Photo : Vent William Turner, Tempête en mer