LE JOURNAL DE LA PERPLEXITE : LE PHILOSOPHE DE LA MEDITERRANEE

15 Mar 2022 LE JOURNAL DE LA PERPLEXITE : LE PHILOSOPHE DE LA MEDITERRANEE
Posted by Author Ami Bouganim

Camus brosse les grands traits de ce qu’on est tenté de considérer comme une philosophie méditerranéenne et celle-ci serait d’abord grecque. Ce serait celle de la beauté se coulant dans des moules, contenue par des rivages et des seuils : « La pensée grecque s’est toujours retranchée sur l’idée de limite. Elle n’a rien poussé à bout, ni le sacré, ni la raison, parce qu’elle n’a rien nié, ni le sacré ni la raison » (A. Camus, « L’exil d’Hélène », « L’Eté », p. 133). Elle est allergique aux convulsions, de toutes sortes, qu’elles soient à la démesure de Dieu ou de l’Homme. Camus donne ses coordonnées : « la nature, la mer, la colline, la méditation des soirs ». Il dénonce le pouvoir, l’emprise, la volonté : « L’ignorance reconnue, le refus du fanatisme, les bornes du monde et de l’homme, le visage aimé, la beauté enfin. » C’était un artiste pudique – méditerranéen – de l’amour. Il a connu ses enchantements et ses désenchantements, ses extases et ses arrachements. C’était un grand amoureux parce que c’était le fils prodige d’une mère qu’il vénérait.