The Euro-Mediterranean Institute for Inter-Civilization Dialog (EMID) proposes to promote cultural and religious dialogue between Mediterranean civilisations ; to establish a network of specialists in inter-Mediterranean dialogue ; to encourage Euro-Mediterranean creativity ; to encourage exchange between Mediterranean societies ; to work to achieve Mediterranean conviviality ; to advise charitable organisations working around the Mediterranean and provide the support necessary to achieve their original projects.
NOTE DE LECTURE : MILAN KUNDERA, L’INSOUTENABLE LEGERETE DE L’ETRE (1984)

Le totalitarisme, son régime de délation généralisée surtout, ne permet pas tant une peinture des mœurs que leur caricature. Il pourrit les destins plus qu'il ne les scelle ; il insinue une sensation de gâchis. La gratuité du crime institutionnalisé, perpétré par les instances du parti-pouvoir, ruine toute moralité et condamne la vie à une légèreté où la natalité n'est pas moins insensée que la mortalité et où perce le remords pour un rien. Les cartes des destins sont brouillées par l’arbitraire politique qui n'autorise pas même la résignation stoïcienne. La comédie recouvre une tragédie, la tragédie une comédie. L'homme s'est tant discrédité comme animal politique qu'il ne mérite plus qu'on le prenne au tragique. La variété de nihilisme de Kundera s’entoure des échos de prières qui n'auraient pas été prononcées.
C’est tout, c’est pas mal, ça ne méritait pas pour autant qu’on fasse de lui un monstre sacré de la littérature. Ce n’est ni Kafka, dont il peine à se délester, ni Hasek, dont l’humour crisse dans sa voix. Son entrée à La Pléiade de son vivant et son jeu de cache-cache après s’être assuré la consécration ne garantissent pas l’immortalité. Je refuse de participer au concert unanime des oraisons funèbres qui l’auraient, je pense, amusé sinon contrarié. Comme tous les écrivains qui marquent – parce qu’ils écrivent leurs livres davantage qu’ils ne les débitent – il ne manque pas de maladresse. Nulle part elle ne serait plus patente que dans son insistance à préciser ses allégories et ses symboles. Surtout qu'il se posait en héraut de la légèreté, soucieux de libérer la littérature, sinon les hommes, de l'hystérie russe. Ce texte n’est une révélation que parce qu’il restitue l’ambiance dans les années 60. J’attendais de lui un livre sur la maladresse, il m’aurait littérairement et critiquement comblé.
La légèreté est peut-être dans le style et l’on sait à quel point l’on doit être doué pour délester le tchèque des belles pesanteurs architecturales de Prague.

