NOTES PHILOSOPHIQUES : LA SCIENCE TENTATOIRE

2 Sep 2020 NOTES PHILOSOPHIQUES : LA SCIENCE TENTATOIRE
Posted by Author Ami Bouganim

Quel rôle tient la fiction dans « les expériences de pensée » destinées à avancer des thèses tentatoires (« que se passerait-il si… ? »), somme toute hasardeuses aléatoires, pouvant générer des théories ? – Comment se présentent les thèses tentatoires ? – D’où viennent-elles ? – De l’Ecole au sens large du terme ? Des manuels ? Des revues ? De l’imagination ? – Karl Popper dirait qu’elles sont « un produit naturel de l’animal humain comme la toile pour l’araignée ». – C’est-à-dire ? – Qu’il n’est pas plus de logique de la découverte que de la création ? – Avec cette part accordée à la fiction dans la découverte quel rôle remplit le laboratoire ? – Quelles tournures prend l’observation ? – Quel rôle réclamer/attendre de la philosophie ?

La science naturelle l’est-elle de la réalité ou d’une surréalité ? – Qu’entendons-nous par l’une et l’autre ? – Quelles relations entretiendraient entre elles ? – La surréalité concerne-t-elle encore l’homme ? – Quelle place lui ménage-t-elle dans ses scénarios cosmologiques ? – Que comprend le chercheur des sciences naturelles à ses découvertes ? Est-il davantage qu’un technicien se doublant d’un mathématicien ou assisté par un mathématicien et dans ce cas quelle sagesse tire-t-il de ce qu’il comprend ou ne comprend pas ? Ses découvertes contribuent-elles à accroître sa « sagesse » ou à la réduire ? – Ce qui semble sûr c’est qu’elles le transporteraient à des échelles microscopiques ou cosmologiques où on ne lui demande pas tant d’être sage que d’être savant et où n’étant plus rien, il ne semble « comprendre » plus rien.

On ne « comprend » pas la science, c’est elle qui nous « comprend », et les tentatives de la penser se révèlent politiques. On comprend bel et bien la chute de la pomme en termes de chute et de force de gravitation et non de mouvement courbé par l’espace-temps. En ce sens, Newton aurait été le dernier physicien à penser la physique et à en tirer une métaphysique dans laquelle l’homme continue d’évoluer quelles que soient les nouvelles technologies mises à sa disposition par des théories post-newtonniennes ; après lui on n’aurait que des balbutiements méta-physiques. C’est dire le pouvoir de déconstruction de la pensée humaine par la science. Sans commune mesure avec les pathétiques et brouillonnes tentatives de déconstruction philosophique. Ce n’est pas l’univers qui est dénué de sens, c’est l’homme se posant la question qui l’est.

Rien ne légitime autant Dieu que la relativité générale, rien ne ruine autant l’homme. Ce n’est pas Dieu qui est mort, c’est l’homme. Dans mille ou dans dix mille ans. Sa grandeur consiste à tenter de mettre Dieu en équations mathématiques qui ne ménagent aucune place à l’homme. Sinon à chercher Dieu et à formuler les équations.