The Euro-Mediterranean Institute for Inter-Civilization Dialog (EMID) proposes to promote cultural and religious dialogue between Mediterranean civilisations ; to establish a network of specialists in inter-Mediterranean dialogue ; to encourage Euro-Mediterranean creativity ; to encourage exchange between Mediterranean societies ; to work to achieve Mediterranean conviviality ; to advise charitable organisations working around the Mediterranean and provide the support necessary to achieve their original projects.
VARIATION JUDAÏQUE : UNE CREATURE SECTAIRE

Le juif est une créature sectaire qui s’attache à Dieu dans une extase où l’espoir se mêle au désespoir. Ses textes les plus éloquents seraient autant de réquisitoires desquels il tente de se blanchir. C’est ce qui explique en partie que la théologie juive reste, quoi qu’elle dise, sectaire. Elle glisse immanquablement dans le prêche sur la perpétuation et la continuité juives. C’est, dans toutes ses versions, une théologie de la survie condamnée au tarissement et à la renaissance. Son balancement entre l’interprétation littérale, allégorique et symbolique donne le tournis à ses passionnés. La démence kabbalistique relaie la prudence talmudique qui modère le radicalisme prophétique en un combat permanent contre « les cultes étrangers » – dont on ne sait plus ce qu’ils recouvrent – et comme résistance contre l’hérésie chrétienne – qui ne soucie même plus de lui livrer un assaut ouvert.
Le juif s’assumant serait plus entravé qu’épanoui, assigné à un rite dont il ne s’écarte pas et auquel il ne trouve que des vertus pour mieux s’accommoder de ses contraintes, à des textes qu’il ressasse tant qu’il s’enraie sur des homélies dont il se berce et se console davantage qu’il n’innove, à un calendrier mixte lunaire-solaire sur lequel il décalque son existence. Il ne se comprend pas, désespère de se comprendre, renonce à comprendre, s’attache à ne pas comprendre. Rien n’est plus pathétique que ses variations sur l’universalisme. Chercher Dieu sous les gravats des prêches sur le dialogue ou l’altérité alors que le juif est si sectaire qu’il en devient incompréhensible invite assurément l’intervention d’un Freud et de la pléthore de ses disciples perdus. Lévinas assurait : se poser la question de son identité juive, c’est l’avoir perdue ; Jankélévitch, plus dessillé, assurerait : se poser la question de son irréductibilité juive, c’est la conserver.

