The Euro-Mediterranean Institute for Inter-Civilization Dialog (EMID) proposes to promote cultural and religious dialogue between Mediterranean civilisations ; to establish a network of specialists in inter-Mediterranean dialogue ; to encourage Euro-Mediterranean creativity ; to encourage exchange between Mediterranean societies ; to work to achieve Mediterranean conviviality ; to advise charitable organisations working around the Mediterranean and provide the support necessary to achieve their original projects.
VARIATION JUDAIQUE : DE LA REVELATION AU RESSASSEMENT

Le Juif ressasseur n’arrête pas de se répéter. D’une année à l’autre. Selon un calendrier immuable de commémorations et de célébrations. De prononcer les mêmes prières. De jour en jour. De relire la Torah, les mêmes portions hebdomadaires du Pentateuque agrémentées des mêmes morceaux des Prophètes. Il montre tant d’assiduité à la lecture de ses textes sacrés qu’il les connaît par cœur, ne cherche plus à les comprendre, s’en laisse bercer. Il est tenté de tout prendre à la lettre. La poésie biblique. L’imprécation prophétique. Le mythe kabbalistique. Sitôt qu’il s’approprie les homélies de ses maîtres, il les verse au registre littéral. Contrairement à la thèse qui veut que le judaïsme soit plus oral qu’écrit, rien ne serait plus écrit que lui. Il n’est que d’écouter les rabbins qui ont investi la toile pour s’inquiéter des séquelles mentales de leur littéralisme. Ils répètent tant leurs psaumes, leurs liturgies, leurs commentaires qu’ils s’attirent comme un soupçon de sénilité. Malgré un certain surenchérissement de commentaires, le Juif ressasseur serait l’une des créatures les plus littérales au monde.
Le judaïsme aussi serait une religion du ressassement, sinon que le sien caresse des velléités messianiques d’en briser le carcan, de se libérer, de s’illustrer. Seuls ceux qui s’en arrachent contribueraient quelque chose de nouveau qui, souvent, les écarterait/sortirait hors du judaïsme. De plus en plus. Les Juifs ne forment ni une sur-humanité ni une sous-humanité – plutôt une para-humanité. Pour le meilleur et pour le pire. Il n’est de Juif qu’encombré de soi et c’est à se désencombrer de sa mal-élection qu’il passerait sa vie. C’est ce qui encouragerait et alimenterait les commentaires et susciterait des personnages derridiens. Je comprends que des penseurs engoncés dans des philosophies caduques se prennent de révélation pour les bris et les bribes d’un judaïsme menacé en permanence d’éclatement.

