The Euro-Mediterranean Institute for Inter-Civilization Dialog (EMID) proposes to promote cultural and religious dialogue between Mediterranean civilisations ; to establish a network of specialists in inter-Mediterranean dialogue ; to encourage Euro-Mediterranean creativity ; to encourage exchange between Mediterranean societies ; to work to achieve Mediterranean conviviality ; to advise charitable organisations working around the Mediterranean and provide the support necessary to achieve their original projects.
VARIATIONS JUDAIQUES : UN DIEU IN-EXISTANT

Les prédicateurs de l’altérité invoquent Dieu sur le mode de l’Autre absolu ou/et transcendant confiant autrui à mon attention, mon souci, ma garde, mon service, mon dévouement. Leur Dieu ne perle que dans le témoignage qui atteste on ne sait quoi par leurs prières et leurs œuvres. Ce faisant, ils éludent la question portant sur le premier et dernier de ses attributs – son existence – dans des prêches parmi les plus envoûtants jamais composés par des philosophes. Ils ne seraient pas seulement paradoxaux, scandaleux ou contradictoires – depuis Kierkegaard, la religion s'accommode de paradoxes, de scandales et de contradictions –, ils seraient doublement troublants – philosophiquement et religieusement.
La transcendance de l'altérité – Dieu comme Autre absolu – ne serait rien moins que « nulle », au sens kantien du terme, dans et par son inanité religieuse. Elle est moins motrice et mobilisatrice que la transcendance actrice des religions monothéistes ou l'immanence instigatrice des religions païennes. La surenchère sur l'indétermination de Dieu, son invisibilité, son inconnaissabilité, couvre le scandale de son silence et de son absence par toutes sortes des variations sur l’altérité qui, autant le reconnaître, s’apparentent davantage à de l’agnosticisme, voire à de l’athéisme comme l’insinue Lévinas, que sur l’existence de Dieu. Toute religion négative se vidant à la longue de toute mission et cultivant plus de mauvaise que de bonne foi.
Le Dieu des altéristes serait aussi incompréhensible et irrecevable que l’Un de Plotin. Sans yeux pour voir, sans oreilles pour entendre, voire sans distinction entre le Bien et le Mal. Leurs thèses présument de l’action inspiratrice d’un Père céleste retiré dans le silence d’une lubie, d’un pari ou d’une vocation. Leur témoignage religieux est bel et bien celui d’un Dieu in-existant. On dira au mérite des chrétiens qu’ils ont constaté cette mort et qu’ils s’éternisent dans l’attente de sa résurrection. Dans son bon sens, Schopenhauer ne s'entendait qu'à une religion positive qui servirait de béquille aux hommes branlants.

