VARIATIONS JUDAIQUES : UNE INCUBATION JUDEOPATHIQUE

28 Nov 2024 VARIATIONS JUDAIQUES : UNE INCUBATION JUDEOPATHIQUE
Posted by Author Ami Bouganim

Comme toute religion le judaïsme prend dans certains cas des expressions pathologiques. Les victimes sont tant prises par leur condition juive qu’elles considèrent toute chose dans son prisme. Elles ne vivent rien hors d’elle, ne voient rien qu’elles n’envisagent dans la perspective de ce que l’on serait en droit de considérer comme une possession. Celle-ci serait volontiers théologico-politique et ne serait pas tant une séquelle du dogmatisme, de quelque manière qu’on le définisse dans le judaïsme (et rien n’est plus apologétique que l’assertion selon laquelle le judaïsme ne serait en rien dogmatique) que de l’exacerbation de la possession quasi sectaire qui brouille tout esprit critique. On ne voit et ne sent que ce que l’adhésion à sa condition juive autorise. Ce phénomène se rencontre dans tous les milieux, religieux et laïcs, chez les intellectuels et les chercheurs non moins que chez les gens du commun. Serait-on en droit pour autant de parler de judéopathie, sur le modèle de la ludopathie ? Volontiers unilatérale, inconditionnelle, intransigeante, la judéopathie présenterait une texture incantatoire / exutoire et nulle part elle ne serait plus grave que chez les kabbalistes qui brassent toutes sortes de notions, plus sidérantes les unes que les autres, pour se démarquer de la pensée universelle. Elle met toutes les vertus de son côté, tous les vices sur le compte de la trame hégélienne de la Pensée et de l’Universel, plus compatible, quoi qu’on en dise, quels que soient ses vices et ses vertus, avec le christianisme et l’islam.

Serait-ce la variété judaïque d’une théopathie, plus possessive que contemplative, qui se rencontrerait dans l’ensemble des religions ? Dans cette acception, volontiers pathologique, la théopathie permettrait de mieux cerner des biais religieux burlesques / hallucinés / illuminés / démentiels sans s’embourber dans de vaines arguties intellectuelles sur la transcendance, l’immanence, la foi, le dogmatisme, l’altérité, l’intolérance, l’intégrisme… Elle restituerait la religion au registre résolument anthropomorphique qui serait désormais, sinon depuis toujours, le sien.