The Euro-Mediterranean Institute for Inter-Civilization Dialog (EMID) proposes to promote cultural and religious dialogue between Mediterranean civilisations ; to establish a network of specialists in inter-Mediterranean dialogue ; to encourage Euro-Mediterranean creativity ; to encourage exchange between Mediterranean societies ; to work to achieve Mediterranean conviviality ; to advise charitable organisations working around the Mediterranean and provide the support necessary to achieve their original projects.
RATURE DE MOGADOR : HAUT MAL CITADIN

Le vent donnait le tournis aux palmiers aux oiseaux aux silhouettes, seules les murailles protégées par les araucarias restaient impavides. Les habitants gorgés d’embruns se calfeutraient dans leurs taudis leurs boutiques leurs musées. Les cloches rouillées ne sonnaient que des vêpres, les muezzins s’enrouaient contre le Fils des Lieux qui s’acharnait contre les volets, arrachait des râles aux charnières, mugissait dans les interstices. Ce n’était pas l’hiver ce n’était pas l’été, c’étaient les alizés qui communiquaient leurs transes aux girouettes abattaient les coqs brassaient la poussière. Les démons prenaient possession des déments, les poussaient dans les rues où ils se livraient à leurs insurrections. Sous les armures de leurs loques, ils invoquaient les saints protecteurs de la ville, émettaient leurs prophéties, orchestraient la ruée des vagues, se livraient à leur sarabande avec la Qandicha, annonçaient l’immuable raz de marée qui ensevelirait jusqu’aux cimetières. Ils n’avaient de cesse qu’ils ne formassent un chœur et ils ne s’étaient pas sitôt accordés que l’Océan se retirait laissant derrière lui ses vomis de pelures, d’algues éreintées, de dépouilles d’oiseaux, de carcasses de registres, de lambeaux de cercueils, de bouteilles vides, de cordes râpées, de même que le souvenir de ses nausées dans des coquillages qui servaient les nacreurs de bois d’arar. A mesure que le vent relâchait son étreinte, l’horloge libérait les clochettes des marchands d’eau qui rétablissaient le pouls normal de la ville.
La crise de haut mal se dénouait dans une procession de grâce qui drainait ses noces et ses obsèques saluées par le concert des sirènes des chalutiers qui partaient pour les Açores.

