The Euro-Mediterranean Institute for Inter-Civilization Dialog (EMID) proposes to promote cultural and religious dialogue between Mediterranean civilisations ; to establish a network of specialists in inter-Mediterranean dialogue ; to encourage Euro-Mediterranean creativity ; to encourage exchange between Mediterranean societies ; to work to achieve Mediterranean conviviality ; to advise charitable organisations working around the Mediterranean and provide the support necessary to achieve their original projects.
SUR LA TRACE DE DIEU : DU CÔTÉ DE DIEU

Nous n'arrêtons pas de jouer à cache-cache avec Dieu. Nous le cherchons sur terre, il gagne les cieux ; nous le cherchons dans les cieux, il se retire dans les abîmes ; nous le cherchons dans l'être, il se rétracte dans le néant. Nous le cherchons dans le Bien, il se travestit dans le Mal ; nous le cherchons en l'homme, il s'incarne dans le démon. Nous le cherchons dans la contradiction, il nous rabat sur la démence. Sa meilleure cachette serait encore la mort de laquelle nul – vraiment ? – ne le débusquerait. Il reste cet épouvantail contre la mort qui ne la contient que le temps pour chacun de mourir. Il donne l'illusion de l'écarter ou de la transmuer et c'est cette illusion qui garantit toutes les autres. Sans Dieu, qu’il existe ou non, la vie est insensée et c’est là tout son ascendant sinon son pouvoir.
C'est désormais parce que l'homme désespère de la vie et de la mort, du sens et du non-sens, des cieux et de la terre – qu'il n'est rien à quoi s'accrocher – qu'il mise sur Dieu : le désespoir serait son trône le plus sûr. C’est le premier et le dernier mot du sens, un antidote contre la déréliction. Il brise les chaînes de la nécessité, il désigne l’inconnu qui perce dans la contingence, il permet une trouée vers le ciel. Dieu est le nom que les hommes donnent au sens de leur vie et que les religions invoquent pour les réunir dans le culte d’une même nomination, d’un même service. Sous son nom, en son nom, on se livre à des variations tour à tour morbides et exaltées sur ses écritures sacrées. La nostalgie du Dieu absent est plus lancinante et passionnante que la conviction de sa présence.
Que l’homme ait besoin de croire en un démiurge ne veut pas dire qu’il existe, qu’il se nomme Jéhovah, Jésus, Allah ou Vishnou. On peut même légitimement avancer que le Dieu en lequel l’on croit et continuera de croire n’existe pas et qu’il n’est d’autre dieu que celui en lequel chacun croit. C’est peut-être paradoxal, ça n’en est pas moins ainsi. Je suis intrigué par mon existence, je conçois que l’on puisse être plus intelligent et puissant que je ne le suis, je ne le concède pour autant qu’à un autre que moi. La question de Dieu ne tolère pas de réponse qui ne rebondirait sur une nouvelle question. Sinon il n’est de Dieu que Dieu et son seul attribut est encore le point d’interrogation.
De son côté, « si toutefois », Dieu ne se soucie pas qu’on le nomme comme ceci ou comme cela, le prie en hébreu, en latin, en arabe ou en mandarin, debout, assis ou agenouillé, en brandissant des rouleaux, en s’acquittant de sacrements ou en tournant des moulins. Les prières ne sont pas agréées parce qu’elles seraient conformes ou non à des instructions divines. En vérité, « si toutefois », Dieu n’agrée que la prière du cœur et il n’est de différence entre un cœur et l’autre que leur bonne ou mauvaise prédisposition.

