RATURE DE DERBALA : DE RETOUR AU BERCEAU

25 Mar 2026 RATURE DE DERBALA : DE RETOUR AU BERCEAU
Posted by Author Ami Bouganim

Il avançait avec bonheur se retournait avec regret. Dans ses souvenirs des coccinelles dans des herbiers des timbres dans des albums des cierges dans des sanctuaires. Des arômes de nectar de mimosa des calligraphies à l’encre violette des moulins de rosée et d’embruns. Les antiennes de la mendicité, les craies de couleurs, les dieux rassérénés. Des contes merveilleux des légendes navrées des personnages guindés hantant des bâtisses consulaires, des marbres provisoires dans des cimetières s’ouvrant à l’Océan. Sur les seuils, les soupirs d’un passé décomposé en prières. Dans les gargotes, les douloureux pincements de nerfs des boucs immolés, les sourds battements des cœurs éreintés des chameaux résonnant dans leurs peaux. La voix enrouée du conteur sur la place du chagrin, les larmes sèches des pleureuses en quête d’exilés venus se séparer de leur sépulture. Les artisans proposaient des anneaux pour des noces éternelles, les embaumeurs des encens contre les divorces. Les rumeurs colportaient les querelles entre épouses rivales les disparitions de nourrissons rapatriés au bled vendus à des citadins stériles confiés aux célibataires. C’était le régime de la tendresse universelle au rythme des papillons butinant aux interstices des pétales. L’araucaria conservateur de l’amnésie générale se proposait en plume abstraite trempant dans l’Océan pour honorer le muezzin auquel il tendait ses branches. Derbala se remettait aux vers pour briser les scellés sur des lèvres cousues de nostalgie.

Derrière la toile tissée par l’araignée autour de sa naissance, le désignant comme son légataire testamentaire, le temps que le berceau bascule dans le caveau de ses dieux et démons et que l’araignée se prenne dans le suaire de ses illusions, Derbala accompagnait ses souvenirs pour les incruster dans l’arganier sacré planté de temps immémorial dans son âme.