JOURNAL DE LA PERPLEXITE : LA VACANCE DE LA PROSTRATION

6 Jul 2026 JOURNAL DE LA PERPLEXITE : LA VACANCE DE LA PROSTRATION
Posted by Author Ami Bouganim

On a tellement exalté la contemplation et l'extase qu'on a omis de s'intéresser à la prostration. La contemplation n'est peut-être qu'une vaine notion. On ne contemple pas plus un tableau qu'un paysage, encore moins des idées. L'extase participe, elle, du désir sexuel, de son exaltation orgasmique et de son exaucement ou de sa déception. En revanche, la prostration se dérobe au régime du désir. Elle ne se prête pas aux coordonnées spatio-temporelles. Elle ne se tient nulle part d'autre qu'en soi. L'être prend congé de soi ou soi prend congé de l'être. C'est la vacance absolue, de tout souci, dans un marmonnement silencieux et inconscient. La prostration couve on ne sait quelle rumination et c’est elle qui partirait en éclats ou se délaierait en méditation.

La prostration, souvent instruite par la perplexité, se propose en pensée latente qui nourrirait et instruirait la pensée vive, intentionnelle, exprimée et "parolée".

Photo ; Anna Gardell-Ericson. (1853-1939), 1910