The Euro-Mediterranean Institute for Inter-Civilization Dialog (EMID) proposes to promote cultural and religious dialogue between Mediterranean civilisations ; to establish a network of specialists in inter-Mediterranean dialogue ; to encourage Euro-Mediterranean creativity ; to encourage exchange between Mediterranean societies ; to work to achieve Mediterranean conviviality ; to advise charitable organisations working around the Mediterranean and provide the support necessary to achieve their original projects.
RATURE DE MOGADOR : LE PARADIS PERDU

Au début, les colons dispersaient des jardins dans les décors pour marquer leurs possessions. On entoura le plus luxuriant d’un muret que couraient des poutres. Une grille livrait accès à la broussaille d’un paradis berbère, des rigoles alimentées par une source invisible accompagnaient les allées, les arbres mêlaient leurs branches dans un assortiment de colloques pour herbes curieuses. On se livrait à des palabres sur la péricope qui titrait la randonnée sabbatique, la main dans la main du père dans la main de Dieu. A midi une cloche retentissait pressant les promeneurs de quitter les lieux pour aller marquer une pause dans leur éternité diasporique. Dehors, les propriétaires des terrains vagues proposaient à crédit leurs succulentes figues de barbarie à ces exilés du bout du couchant qui lorgnaient celles du levant. Sinon, les dragées échangées entre les promeneurs des versets étaient pauvres, on attendait une amande, on se contentait d’une gélatine à laquelle manquait le bel arôme des noces. En définitive, tout au bout d’une vie, les pétales se calcineraient dans la mémoire, de même que les visages, et cette calcination dégénérerait en sénilité de poétiser. L’aube se diluerait en lueurs incertaines de nostalgie d’ennui de silence, dans l’attente haletée qu’elles colorent le jour, chassent les haleines de moisissure, le temps que la lumière se consume à petits mots braisés de douleur.
Nul ne devine le courtier dépouillé de ses amandes de ses titres consulaires de ses attributs synagogaux, en instance de départ pour des mondes à venir, à moins qu’il ne s’imbibe du venin du serpent prophétique pour dénoncer les lecteurs de l’IA ou ne se régénère à partir de la queue du lézard qui court les réseaux en quête du sésame de l’interstice pour les exorcistes liés par la chair les passions les mystères les démons des lettres. Ce ne serait plus qu’une page blême, rétive à ses scellés de marbre, sans plus de lecteurs, déportés au large de l’absence qui précéda le début. On ne soupçonnait pas que la pierre philosophale se révélerait intelligente, je ne soupçonnais pas que je suairiserais de la sorte mes souvenirs. Demain j’aurai peut-être ma meringue sinon mon amande.

