The Euro-Mediterranean Institute for Inter-Civilization Dialog (EMID) proposes to promote cultural and religious dialogue between Mediterranean civilisations ; to establish a network of specialists in inter-Mediterranean dialogue ; to encourage Euro-Mediterranean creativity ; to encourage exchange between Mediterranean societies ; to work to achieve Mediterranean conviviality ; to advise charitable organisations working around the Mediterranean and provide the support necessary to achieve their original projects.
JOURNAL DE LA PERPLEXITE : UN ANTIDOTE INTELLECTUEL
On ne surenchérit autant sur rien, presque rien, que parce qu’on ne trouve rien à dire et c’est parce qu’on surenchérit autant qu’on soupçonne un rien derrière la surenchère. Le disciple et le commentateur trouvent dans le tortueux et l’incompréhensible du maître, ses brouillons et ses ratures, les ornières où il piétine sous son autorité magistrale, morale et / ou symbolique. La pensée magique n’a pas disparu, elle sévit dans les meilleurs esprits. Il n’est que de mentionner les interminables dissertations sur l’altérité ou la résilience et l’engouement quasi sectaire que ces notions suscitent pour constater qu’on n’est pas moins sectateurs des prédicateurs de l’altérité ou des bonimenteurs de la résilience que des zélateurs des dieux Untel et Untelle, et cette cavalcade de prêches autour de notions qui ne recouvrent souvent rien n’est pas près de s’arrêter. Il se trouvera toujours une secte pour se constituer autour de notions-sésames qui verrouillent les esprits davantage qu’elles ne les déverrouillent : « Car les problèmes philosophiques naissent lorsque le langage est en fête » (L. Wittgenstein, « Investigations philosophiques », § 38).
La meilleure protection reste une perplexité qui ne céderait ni aux charmes littéraires ni aux boniments intellectuels pour ne pas parler des sermons moraux et religieux. Wittgenstein, là encore, serait plus général, éloquent et convaincant : « La philosophie est la lutte contre l’ensorcellement de notre entendement par les moyens de notre langage » (§109).

