The Euro-Mediterranean Institute for Inter-Civilization Dialog (EMID) proposes to promote cultural and religious dialogue between Mediterranean civilisations ; to establish a network of specialists in inter-Mediterranean dialogue ; to encourage Euro-Mediterranean creativity ; to encourage exchange between Mediterranean societies ; to work to achieve Mediterranean conviviality ; to advise charitable organisations working around the Mediterranean and provide the support necessary to achieve their original projects.
RATURE DE DERBALA : LE SEUIL DE L’ABSENCE

Je la croise dans un poème, je ne sais lequel, sous les traits incertains d’une aube qui s’attarde, elle longe un rivage bordé de brume, elle attend comme moi que l’automne bascule, que la lumière éclaircisse ses traits illumine ses yeux lui soutire un sourire de reconnaissance, de l’adolescent pris dans les rides de son destin, au seuil de l’absence alors qu’elle entame sa présence, un sourire me signalerait, ce serait le miracle, un mot la retiendrait, ce serait une avance poétique, elle ressemblera à toutes les inconnues qui se glissent entre les jours des poètes s’attardant auprès de Baudelaire et d’Eliot, la mer se voile de nostalgie pour saluer son passage, l’adolescent n’a d’autre choix que de décalquer ses traits avec ceux de mes mirages
Derbala n'est plus qu’un rebut de beauté, on ne l'invite qu'aux obsèques de ses compagnons de démence. De l'autre côté, les pères l'attendent pour lui demander : « T'es-tu repu de la variété des créatures ? de leurs allures ? de leurs maintiens ? de leurs sourires ? de leurs regards ? » On ne part pas à la retraite sans battre en retraite. La santé. Le désir. Le rêve. On succombe à la paresse. Les maux se déclarent, les maux se calment. Les mots n'éclosent pas, ni sur les lèvres ni sur les pages. On se prépare à l'on ne sait quoi. Aux vertus du crin du pain rassis. Aux ombres derrière les paupières closes. Aux souvenirs creusés par l'absence. On est rassasié de silhouettes. Dans le meilleur des cas. Sans plus. Ni hier ni demain ni regret ni espoir. On n'a que l'éternité pour nostalgie. Derbala ne soulève la poussière que pour en voiler le ciel et lui épargner le désolant bruissement de sa décomposition sous les protestations des goélands contre son errance en marge des humains.
La terre est un coquillage où niche la vermine qui inspirée par le vent décalque des silences sur les lignes des vagues. Derbala ne sait plus ce que l’écriture dépose contre lui.
Photo : Gustave Courbet, 1869

