NOTE DE LECTURE : ANDRE SCHWARTZ-BART, LE DERNIER DES JUSTES (1959)

5 Oct 2026 NOTE DE LECTURE : ANDRE SCHWARTZ-BART, LE DERNIER DES JUSTES (1959)
Posted by Author Ami Bouganim

Une saveur hassidique relevée d'un humour désenchanté. C'est tissé de rires et de larmes, de sagesse et de naïveté. De délicates attentions littéraires aussi. Schwartz-Bart devait être un grand écrivain pour se révéler d'une seule veine, d'un seul récit, d'un seul livre. Il ne l'a pas écrit ; il l'a brodé. De sa douleur et de sa passion juives dont il perpétue la légende hassidique. C'est rédigé avec la patience du témoignage, l'amusement du conteur, la conscience du désespoir – comme devoir d'écriture. On doit avoir bien du mérite, l’avoir hérité des ancêtres, pour écrire un livre aussi long sans perdre le lecteur. On aura seulement omis de lui conseiller de conserver la narration alerte des premiers chapitres.

On n’écrira plus comme cela sur le judaïsme et sur ses Justes. On ne peut désormais que les veiller et les pleurer. La nostalgie pour le salut tournerait désormais à la nostalgie pour le Juif de l’Exil, douloureusement relayé par le Juif du Lieu traumatisé, irascible et vengeur.